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Archive for the ‘Remords, regrets, souffrances exacerbées’ Category

Les chroniques de Montigny

Billet n° 2186

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Pédophilie, un silence de cathédrale

Le doigt accusateur

France 3 a diffusé hier soir un reportage suivi d’un débat concernant les viols et agressions sexuelles perpétrés au sein de l’Eglise catholique, un sujet grave et lourd qui donne à réfléchir.

Je souhaite d’abord rendre hommage aux nombreuses victimes de ces viols et agressions sexuelles qui ont eu le courage et surtout la force morale de témoigner de leur drame à visage découvert et qui ont ouvertement désigné leurs bourreaux.

L’excellent reportage de France 3 concernant les victimes de viols de la part de membres de l’Eglise démontre clairement un certain nombre de points et le premier de ces points est que la parole des victimes n’est généralement pas reconnue ni prise en compte par l’Eglise. Le second point est que l’Eglise ferme systématiquement les yeux concernant les viols commis par des membres de leur communauté ; non seulement elle ferme les yeux mais elle protège les violeurs en prime. De plus les violeurs restent en place, voire sont déplacés et continuent ainsi à pouvoir perpétrer leurs forfaits en toute impunité. Ces mêmes violeurs sont rarement sanctionnés par l’Eglise et conservent leur ministère.

Les évêques, autorités spirituelles et morales du plus haut niveau, censés dénoncer les violeurs ne le font pas systématiquement, tout comme ils n’avisent pas forcément le Vatican, en la personne du Pape alors que leur devoir de responsables diocésains les oblige à le faire.
Pour encore enfoncer le clou il faut savoir que le Cardinal Barbarin, évêque de Lyon, connaissait depuis au moins 10 ans les forfaits commis par un prêtre de son diocèse, le père Preynat, mais n’a rien fait pour l’empêcher de nuire.

Le pape François, lui-même a continué à accorder sa confiance à son Cardinal alors que ce dernier n’a pas rempli ses devoirs et obligations pour ce qui concerne cette affaire… Puisqu’il il est coupable de non dénonciation de crimes sexuels de la part d’un des prêtres du diocèse dont il a la charge.

Pour terminer je tiens à remercier les journalistes qui ont travaillé sur cet épineux dossier tout autant que la direction de France 3 qui a permis et autorisé sa diffusion. Un bon point pour le service public.

Amen

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Ecrivainparisien

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Mots clés de cet article :

Eglise catholique, Victimes violées, Cardinal Barbarin, Père Preynat, Viols sur mineurs, Agressions sexuelles sur mineurs, Autorités de l’Eglise, France 3,

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Pour aller plus loin :

http://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/scandale-pedophile-a-lyon-le-pere-preynat-attend-son-proces-7788048981

http://www.leparisien.fr/faits-divers/pedophilie-un-temoin-met-en-cause-un-autre-pretre-du-diocese-de-lyon-14-03-2016-5626717.php

 

 

strasbourg

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Les chroniques de Montigny

Billet n° 2182

ocjkpk2z

Téléthon

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Comme chaque année à pareille époque une manifestation d’envergure d’une durée de 2 jours aura droit de cité sur les chaines de télévision de service public, les réseaux sociaux, les places des villes et des villages et au cœur de certaines associations la semaine prochaine et cette manifestation très connue se nomme "Téléthon"

J’ai pris personnellement une décision depuis deux ans : ne plus prêter mon concours à cette manifestation…

Mais pourquoi, me direz-vous ?

Pourquoi ? Tout d’abord parce que cette manifestation est entachée d’un certain nombre de choses irritantes et exaspérantes ainsi que par des soupçons de malversations (voir liens à la fin de l’article) mais aussi et surtout parce que France Télévisions, groupe de télévision appartenant au service public, est tenu de diffuser cette manifestation mais, ce qui est scandaleux, c’est que la prestation d’une durée de 2 jours est facturée à l’AFM, association organisatrice de la manifestation, plusieurs millions d’euros qui ne vont donc pas à l’Association contre les myopathies

Puisque chacun est censé faire un effort pour cette cause humanitaire je trouve inadmissible, pour ma part, qu’une société de service public ne montre pas l’exemple mais je trouve encore plus désastreux que l’Etat ne participe aucunement, ni de près, ni de loin au financement et que ce soit le contribuable qui doive mettre la main à la poche pour cette opération tout comme pour les "Restos du Cœur" ‘l’œuvre du regretté Coluche.

Je pense personnellement que l’Etat français devrait avoir obligation de financer tout ou partie de cette action humanitaire puisque c’est une grande cause nationale. Pourquoi alors ne pas subventionner l’AFM ? Alors que nos énarques distribuent des millions en subventions, puisés sur nos impôts, à des causes bien moins nobles, à mon humble avis !…

D’autre part un certain nombre d’associations de défense de la cause animale montre clairement du doigt et dénonce ouvertement les expérimentations animales faites lors de tests effectués (Peta, entre autre, voir lien également en fin d’article) ; Sophie Davant, que tous les spectateurs connaissent, en parle d’ailleurs clairement dans une vidéo (lien en fin d’article, là aussi)

Telles sont donc les raisons qui me poussent à ne plus participer en aucune manière à cette manifestation.

Ecrivainparisien

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Mots clés de cet article :

Téléthon, Peta, Tests, Animaux, Financement, Sophie Davant, France Télévisions, AFM

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Pour aller plus loin :

https://www.afm-telethon.fr/

http://archives.nicematin.com/article/faits-divers/police-municipale-de-nice-ou-est-passe-largent-du-telethon.406944.html

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/01/12/2368152_telethon-a-nice-des-policiers-municipaux-etaient-soupconnes-d-avoir-detourne-de-l-argent.html

http://agence-limite.fr/blog/2009/01/attaques-contre-le-telethon-ne-pas-se-tromper-de-scandales/

https://www.lexpress.fr/actualite/medias/peta-interpelle-le-telethon-sur-le-financement-de-tests-sur-les-animaux_1856518.html

https://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20131203.RUE0629/experimentation-animale-les-chiens-cobayes-face-cachee-du-telethon.html

https://informations.handicap.fr/art-experimentation-animale-afm-853-9335.php

https://www.youtube.com/watch?v=_RRH7AqDycM

 

Le doigt accusateur

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Les chroniques de Montigny

Billet n° 2181

ocjkpk2z

La citation du jour "Et puis, c’est comme à la roulette: on mise, on mise… Si la roulette n’avait qu’un trou, on nous ferait miser quand même. D’ailleurs, c’est ce qu’on fait ! Je comprends les joueurs: ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre… Et ils mettent, ils mettent… Le drame, dans le couple, c’est qu’on est deux et qu’il n’y a qu’un trou dans la roulette…" Léo Ferré, (il n’y a plus rien)

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Vendredi noir (black Friday)

Cet article ne plaira pas à tout le monde, je le sais fort bien. Peu importe ! Je me fais, ici le porte-parole de celles et de ceux qui se sentent, à juste titre, agressés par la société de consommation… "Notre" société qui part à vau-l’eau.

Ce vendredi noir, qui dure, pour certains sites "marchands" et autres commerçants, 2 voire 3 jours, est l’exemple même de l’absurdité de la société de consommation forcenée et effrénée qui sévit dans beaucoup de pays "nantis"

C’est le grand jour pour quelques consommatrices et consommateurs qui se ruent sur le clavier de leur ordinateur pour étancher leur soif de possession par achats interposés ; des achats d’objets qui, la plupart du temps ne leur serviront à rien dans la mesure où ces consommateurs n’ont en fait qu’acheté un prix, un rabais, une ristourne, une remise, pas un besoin réel, tout comme en période de soldes d’ailleurs…

Certaines publicités diffusées par radio, voire par voie de presse écrite mais aussi par messages et autres "sms" ou "mms" sont d’une pauvreté intellectuelle et d’une absurdité affligeante. Ce miroir aux "alouettes virtuelles" ne fait pas appel au sens critique du consommateur, non, oh non, mais attire plutôt volontairement son attention sur le "juteux" rabais qu’il va obtenir concernant le prix du ou des objets convoités et immanquablement le "chaland" tombe dans le panneau…

Triste monde que celui-là ! Un monde à œillères centré sur son nombril ; un monde qui n’a jamais été à l’écoute de l’autre.

Pendant ce temps, dans une indifférence quasiment générale, on continue de persécuter les homosexuels en Tchétchénie en prétendant que ce sont des malades contagieux, on continue également à vendre des réfugiés qui deviendront des bêtes de somme au marché aux esclaves ; on continue, encore et toujours, à agresser verbalement ou sexuellement des femmes, voire à les violer et parfois à les assassiner et la Justice arrive même quelquefois à trouver des excuses à leurs tourmenteurs, voire à leurs assassins ; un comble !

Croyez-moi il n’y a pas que ce vendredi qui soit "noir" !

Ecrivainparisien

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Mots clés de cet article :

Black Friday, Société, Consommation forcenée, Publicités,

 

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Les chroniques de Montigny

Billet n° 2180

ocjkpk2z

Les langues se délient

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Je dédie cet article à toutes les femmes, victimes de sévices, d’agressions sexuelles, voire de viols et dont certaines ont, en plus de cela, perdu la vie…

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L’affaire que l’on nomme communément maintenant "Weinstein" n’en finit pas de faire des vagues aux Etats-Unis mais aussi chez nous, en France.

Suite à ce tsunami médiatisé (remerciement aux journalistes qui ont eu le courage de publier des articles sur cet épineux sujet malgré l’importance et le "poids" du personnage présumé "coupable") les langues commencent à se délier et de plus en plus de femmes n’hésitent plus à porter plainte contre leurs agresseurs, ce en quoi, je les en félicite chaleureusement.

Malheureusement le chemin sera long à s’opérer avant le changement des mentalités masculines puisque, régulièrement, bien des hommes pensent encore que les femmes qui se font agresser, voire violer sont à l’origine de leur malheur.

Ben voyons !

Je rappelle, pour mémoire, que les agressions sexuelles à l’encontre du sexe opposé sont considérées comme des délits ; les viols sont, quant à eux, considérés comme des crimes, au sens du "Droit" français et se doivent d’être punis très sévèrement par les Cours d’Assises.

Malheureusement on constate, trop couramment, hélas, que bien des victimes féminines de crimes et de sévices sexuels ont beaucoup de mal à faire reconnaitre leurs droits ; les procès intentés et instruits à l’encontre des violeurs "présumés" sont généralement longs, voire très longs et les agresseurs "présumés ne sont pas toujours condamnés par les tribunaux, ce qui est, à mes yeux, révoltant ! Les victimes, dans ce cas, sont laissées pour compte avec leurs nombreux déboires, traumatismes et désagréments inhérents à l’agression subie qui a impacté l’intégrité de leurs personnes…

Un dernier rappel avant que de vous quitter pour aujourd’hui : les hommes n’ont absolument aucun droit de supériorité et d’emprise sur les femmes qui sont libres de leurs vies, de leurs choix mais aussi… De leurs corps !

A méditer, pour certains…

Ecrivainparisien

P 7

Mots clés de cet article :

Weinstein, Sévices, Agressions, Viols, Traumatismes, Cours d’Assises,

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Pour aller plus loin :

http://www.20minutes.fr/monde/2151099-20171015-affaire-harvey-weinstein-cinquieme-actrice-accuse-producteur-viol

Le doigt accusateur

 

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Les chroniques de Montigny

Billet n° 2173

ocjkpk2z

Législatives : je reste sans voix !

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"Moi, si j’étais le Bon Dieu j’avoue que je ne serais pas fier ; je sais, on fait ce qu’on peut, mais il y a la manière." (Jacques Brel, le Bon Dieu)

On nous avait promis du nouveau, du sang neuf, de nouvelles têtes. Le nouveau président, pas même encore investi puisqu’il ne le sera que dans deux jours, nous montre déjà une partie de son "savoir faire" et c’est tout sauf ce qu’on attendait d’un président magnanime, responsable et altruiste.

On constate en effet que parmi les personnes investies pour les législatives à venir, le futur président a sollicité personnellement Marie Sara, une torera de triste réputation et, circonstances aggravantes, organisatrice de corridas dans le Sud Ouest pour représenter la République en marche dans les Landes.

Comment le président peut-il cautionner de telles "personnalités" alors que l’ensemble de la France est viscéralement hostile à la corrida ?

Comment le président peut-il ouvertement et avec une telle désinvolture investir une ennemie jurée des animaux pour se présenter à la députation et représenter ainsi les électeurs en cas de victoire alors que la France est hostile, à la corrida à plus de 80% ?

Le président qui a promis une France plus performante semble mettre de côté l’avenir et le bien être des animaux. Rien ne change donc au plus haut sommet de l’Etat ; pire encore : comment cautionner moralement la corrida comme valeur républicaine lorsqu’on se veut responsable et rassembleur au plus haut sommet de la République ?

C’est ainsi que le futur président veut montrer une nouvelle image de la France ? Comment notre pays va-t-il être jugé suite à ça ?

Ecrivainparisien

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Mots clés de cet article :

Législatives, Marie Sara, Torera, Corridas, Mont-de-Marsan,

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Pour aller plus loin :

http://www.sudouest.fr/2017/05/11/marie-sara-empresa-des-arenes-de-mont-de-marsan-est-candidate-aux-legislatives-3437275-3452.php

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Les chroniques de Montigny

Billet n° 2169

ocjkpk2z

Attentat sur les Champs-Elysées

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Hier soir, peu avant 21 heures, un "présumé" terroriste a ouvert le feu en direction d’un car de police stationné sur "la plus belle avenue du monde" faisant ainsi un mort et au moins 2 blessés parmi les forces de l’ordre. Cet attentat a entrainé un mouvement de panique dans la foule, nombreuse, se trouvant sur les Champs-Elysées et se réfugiant, tous azimuts, en direction des magasins et restaurants se trouvant sur l’avenue dans le but de tenter de protéger leur vie.

Le "présumé" terroriste a été abattu par les forces de l’ordre se trouvant sur les lieux.

A l’heure à laquelle je rédige cet article toutes mes pensées ainsi que ma compassion la plus totale s’en vont en direction de la famille du policier abattu, victime de son devoir mais elles s’en vont également en direction de ses collègues blessés lors de cet attentat terroriste mais aussi en direction de tous mes compatriotes qui sont tombés sous les balles des terroristes durant les deux dernières années, à commencer par les journalistes de Charlie Hebdo, victimes de leurs dessins, sans oublier les deux fonctionnaires de police assassinés à Magnanville et le fonctionnaire de police chargé de protéger l’équipe de Charlie Hebdo, abattu froidement, lui aussi, sur un trottoir de la capitale…

Je souhaite également un prompt rétablissement aux deux fonctionnaires de police blessés hier soir lors de cet attentat.

Ecrivainparisien

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Mots clés de cet article :

Attentat, Champs-Elysées, Terrorisme,

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Pour aller plus loin :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/04/20/01016-20170420LIVWWW00360-en-direct-fusillade-coups-de-feu-champs-elysees-paris-policier.php

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Les chroniques de Montigny

Billet n° 2165

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Message d’utilité publique

Le doigt accusateur

N’allez jamais à l’hôpital Georges Pompidou

Chère lectrice, cher lecteur,
L’hôpital Georges-Pompidou est un bâtiment monstrueux bâti dans le 15e arrondissement de Paris.
Je le connais bien, j’habitais à côté pendant les travaux.
Les hauts fonctionnaires du ministère de la Santé ont voulu réunir toutes les spécialités médicales du monde au même endroit. L’État leur a donné carte blanche pour dépenser.
Résultat : un bâtiment cauchemardesque digne du film The Kingdom de Lars von Trier, un thriller qui se déroule dans les couloirs infinis et ténébreux d’un hôpital hanté au Danemark.

L’hôpital Georges-Pompidou est tristement célèbre depuis les suicides du cardiologue Jean-Louis Mégnien qui s’est jeté par la fenêtre le 17 décembre 2015, et de l’infirmier mort de la même manière le 6 février 2017. [1]

Mais il se pourrait bien qu’un autre spectre vienne hanter, au moins en conscience, les concepteurs fous de l’hôpital Georges-Pompidou.

La terrifiante agonie de Jean-Pierre Rouchy

On ne sait pas encore le fin mot de l’histoire mais les premiers faits qui ont filtré laissent entendre qu’il s’est produit un drame aussi aberrant qu’inhumain.
D’après le compte-rendu publié par RTL, on comprend les faits suivants : [2]
Le 25 janvier 2017, Jean-Pierre Rouchy, 47 ans, arrive à l’hôpital Georges-Pompidou, en provenance de l’hôpital St-Anne (connu pour sa spécialité en psychiatrie).
Le 28 janvier à 7 h 40, une infirmière constate qu’il n’est plus dans sa chambre. Personne, dans les couloirs, ne s’est aperçu de rien, alors qu’il s’agissait par définition d’un patient dans un état de grande fragilité psychologique et physique (il a été transféré pour une possible embolie pulmonaire), qui devrait donc être surveillé avec attention.
Mais non. Personne dans les couloirs n’avait remarqué sa disparition.
À ce stade, il y a déjà négligence grave. Mais ce n’est que le début.
Malgré cette disparition inquiétante, personne ne s’inquiète ou, en tout cas, personne ne songe à donner l’alerte.
Ce n’est que sept heures plus tard que la disparition sera signalée.
Les services de l’hôpital décident alors de déclarer que Jean-Pierre a fait « une fugue ». Il aurait quitté l’hôpital, selon eux.
Mais la famille, arrivée sur les lieux, s’aperçoit immédiatement que Jean-Pierre n’a pris ni ses chaussures ni même ses chaussettes. Dans ces conditions, elle estime certain qu’il n’a pas voulu partir dans la rue. Non. Jean-Pierre a quitté sa chambre pour, peut-être, essayer d’entrer en contact avec quelqu’un, peut-être descendre à la cafétéria comme il l’a déjà fait la veille. Et il n’a trouvé personne, et il n’a pas réussi à revenir tout seul.
Cela parait plus probable, dans ce dédale d’escaliers, de couloirs et d’ascenseurs.
Mais les fonctionnaires de l’hôpital ne l’écoutent pas. Ils estiment que c’est au commissariat du quartier de gérer ce problème, et y déposent une déclaration de disparition.
Ils demandent toutefois aux agents de sécurité de l’hôpital d’aller voir s’ils ne trouvent pas Jean-Pierre dans le bâtiment. Mais les agents de sécurité se contentent de déambuler, comme d’habitude, le long des couloirs interminables de cet immeuble kafkaïen. Il serait trop long, et trop compliqué, de pousser une à une les 5 000 portes que compte l’hôpital Georges-Pompidou et qui ouvrent sur des réduits, des salles de stockage, de matériel, etc.
La famille est de plus en plus inquiète. Elle sait qu’une tragédie est peut-être en train d’avoir lieu. Mais elle n’a aucun moyen de prendre une initiative face à une bureaucratie inerte où personne ne veut rien entendre, où on se contente de pousser des dossiers.

Comme dans les oubliettes d’un château fort

Pourtant, pendant ce temps-là, Jean-Pierre n’est en fait qu’à quelques pas de sa chambre.
Il a en effet voulu descendre vers la cafétéria. Mais il est descendu jusqu’au sous-sol, au niveau -1 qui correspond au parking, et il s’est retrouvé coincé derrière une porte par un dispositif coupe-feu qu’il n’a jamais réussi à rouvrir !!
A partir de là, on ne peut qu’imaginer le scénario horrible qui s’est passé.
Jean-Pierre, sans doute, a appelé, crié, tambouriné. Mais l’épaisse porte de sécurité, qui répond à toutes les « normes » de sécurité, n’a laissé passer aucun son.
Jean-Pierre a paniqué. Les heures se sont écoulées et personne n’est venu. Il a commencé à avoir faim, et soif. Il a eu peur.
Pendant ce temps-là, dans l’hôpital, on remplissait des papiers, des formulaires. La « procédure » suivait son cours, et rien d’efficace n’était entrepris pour retrouver Jean-Pierre.
Seule une caméra de sécurité filme l’atroce agonie dans la pièce. Seulement, cette caméra n’est reliée à aucun écran surveillé par aucune personne humaine.
La nuit s’écoule, puis la journée. Et encore une nuit. Et encore une journée. Jean-Pierre est épuisé. Torturé par la soif et la faim, il sent ses forces le quitter. Il finit par perdre conscience, mourant de déshydratation et d’inanition. Dans son supplice, il s’est sans doute réveillé plusieurs fois, comme dans un cauchemar. Puis il s’est effondré, pour la dernière fois.
Ce n’est que trois jours après sa disparition que la porte a enfin été poussée, par hasard. Le corps de Jean-Pierre gisait là, sans vie.

Personne n’est responsable

Grâce à la caméra, toutes les images sont là et peuvent être visionnées. « La caméra de l’hôpital Pompidou a filmé les trois jours d’agonie de mon frère », a déclaré Jean-Louis Rouchy, le frère aîné de Jean-Pierre. [3]
La presse évoque des « interrogations » suite à cette affaire. Une enquête a été ouverte. Mais, pour l’instant, chacun se renvoie la balle. Personne n’a reconnu sa responsabilité. « C’est pas moi, M’sieur l’agent… »
Le directeur de l’AP-HP (hôpitaux de Paris) Martin Hirsch s’est contenté d’envoyer sa réaction sur… Twitter : « L’AP-HP reconnait sa responsabilité dans les dysfonctionnements », s’est-il borné à déclarer, comme s’il s’agissait d’un incident de procédure anodin.
L’hôpital, de son côté, a annoncé que « des mesures seront prises pour éviter qu’un drame similaire se produise ».
« Des dispositifs de localisation pourraient notamment être proposés aux patients volontaires. Le système de vidéosurveillance, dont les pannes étaient connues depuis septembre 2016, est, lui, redevenu fonctionnel », peut-on lire dans les comptes-rendus [4].
Et moi, excusez-moi, mais je réponds : « Mon œil ! ».
Car cette affaire révèle avant tout deux choses :

  • que, dans nos hôpitaux ultramodernes, on peut désormais mourir comme dans les plus sombres oubliettes des temps barbares ;
  • et que les procédures, l’organisation, la planification, ont fini par nous priver de la chose qui nous est la plus précieuse, surtout dans un hôpital, où on est là pour soigner des gens : l’humain.

Une mère qui aurait perdu son enfant aurait eu tôt fait d’« ouvrir les portes » alentour pour vérifier qu’il n’était pas coincé derrière. Et quant à laisser s’écouler trois longues journées jusqu’à ce qu’il meure, c’est proprement impensable.
Mais voilà ce qu’on obtient quand on entreprend de déshumaniser la médecine et les rapports entre les gens. On perd la capacité de penser même aux évidences. Personne n’est responsable. D’ailleurs, si l’on est obligé d’écrire, de prévoir dans la procédure de « proposer aux patients un dispositif de location volontaire » au cas où ils se perdraient et pourraient mourir de faim dans un recoin de l’hôpital, c’est qu’on est arrivé au bout de la logique ou, plutôt, de l’absurdité.
Bien à vous,
Jean-Marc Dupuis

Relayé par Ecrivainparisien

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Mots clés de cet article :

Hôpital Georges Pompidou, Négligences, Mort, Patient,

Hopital_pompidou

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