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Archive for the ‘Poésie’ Category

Les chroniques de Montigny

Billet n° 2063

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Improvisation

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Un hommage aux jazzmen et aux artistes classiques de tous crins (d’archets)

Cotton Club

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Quand le "Duke" et le "Count" se voient désormais là-haut ils ne dialoguent plus que par soli de cuivres interposés et ça fait vraiment une chouette musique céleste à laquelle viennent s’ajouter les tutti et la voix grave de "Satchmo" mais aussi celle d’Ella, une perle de cristal venu d’ailleurs relayée par un Nougaro plus vrai que nature entonnant Toulouse, cette ville qu’il a tant aimée et qui le lui rend bien ; ça a vraiment fière allure, croyez-moi mes amis.

Ca bouge et ça swingue dans tous les coins du paradis. On voit même, certains jours, ce bon Saint-Pierre battre du pied la mesure de cette musique céleste offerte par cet orchestre organisant un bœuf improvisé, s’imposant l’excellence pour divertir agréablement tous les anges ; une musique qui donne vie à toutes choses sur lesquelles s’attarde ce chant de l’âme comme le fait souvent un soleil d’été qui irradie le monde et n’en finit jamais de briller, tout comme la musique d’ailleurs.

Vive la musique du cœur, vive le Jazz et le Classique des modernes mais aussi des "Baroqueux", ces aristocrates de la corde faite de boyau véritable qui enchantent nos oreilles par les accents acidulés de leurs magnifiques instruments mais aussi par leur musique divine, le tout ciselé comme une sculpture antique ou comme un cristal de Baccarat d’une grande pureté générant d’indicibles émotions qui parfois nous brouillent la vue, l’espace d’un instant.

Continuez à enchanter et à illuminer nos vies parfois lourdes à trainer, chers Jazzmen que j’aime tant mais aussi vous les Classiques et les "Baroqueux" que je vénère par dessus tout puisque vous me permettez régulièrement de me hisser vers les chemins qui mènent à la lumière céleste.

Vive la musique du cœur.

En mémoire de Duke Ellington, Count Basie, Ella Fitzgerald, Claude Nougaro, Toulouse, Louis Armstrong, Sydney Bechet, mais aussi Claudio Abbado et quelques autres noms illustres qu’il serait long et fastidieux de nommer ici.

Ecrivainparisien

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Mots clés de cet article :

Musique, Jazz, Classique, Baroque, Duke Ellington, Count Basie, Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Claudio Abbado,

 

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Les chroniques de Montigny

Billet n° 2046

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Jacques Brel : hommage spécial

9 octobre 1978 – 9 octobre 2013 : 35 ans déjà !

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Six pieds sous terre : il était une fois « l’Homme de la Mancha »

Il y aura 35 ans, à 4 heures 10, Jacques, Romain, Georges Brel s’éteignait à l’hôpital Avicenne de Bobigny, laissant des milliers d’admirateurs consternés et sans réactions, de par le monde, face à la disparition de l’acteur, auteur, compositeur, réalisateur et cinéaste, tout autant que skipper et pilote d’avion.

Il n’avait que 49 ans.

Il nous a laissé nombre de souvenirs heureux ainsi qu’un patrimoine culturel et artistique conséquent qui ont fait de lui un homme exceptionnel et exemplaire à plus d’un titre ; exemplaire il l’aura été au cours de sa carrière de chanteur et d’interprète tout autant que dans celle d’acteur mais aussi dans sa vie d’homme.

Jacques ne trichait pas et lorsqu’il a compris qu’il pourrait sombrer dans la facilité grâce à son talent exceptionnel de compositeur et d’interprète il a fait ses adieux ; des adieux réels et définitifs, lui permettant de se consacrer à autre chose ; à d’autres choix, à d’autres voies, à d’autres expériences comme le cinéma et la comédie musicale par exemple.

Jacques a eu la chance de pouvoir vivre quasiment tous ses rêves et s’est exprimé de manière éclatante dans tout ce qu’il a touché en allant jusqu’au bout de sa démarche, jusqu’au bout de son idée, jusqu’à la démesure parfois ; qui pourrait lui en vouloir ? Jusqu’à la déchirure même, comme il l’avait écrit et merveilleusement interprété dans « La quête ».

Jacques avait la passion qui bouillonnait en permanence au fond des veines ; c’était un puriste, un écorché vif, un perfectionniste qui écrivait ses paroles de chansons debout, dans les chambres d’hôtels qu’il occupait finalement fort peu au cours des ses nombreuses tournées annuelles puisqu’il dormait relativement peu. Il était toujours le dernier à aller se coucher ; aimant parler et découvrir les gens au cours de ses tournées mais il était également toujours le premier levé pour repartir vers d’autres destinations, d’autres aventures, d’autres succès, parfaitement mérités.

Sur scène il n’avait pas son pareil pour captiver, saisir et émouvoir son public et tous ceux qui ont eu la chance d’assister à l’un de ses récitals ne peuvent l’oublier. Jacques chantait avec sa voix si pénétrante mais aussi avec son corps, en particulier avec ses mains et avec ses bras. Jacques nous faisait vivre pleinement ses chansons ; on les voyait ses bigotes, les yeux baissés comme si Dieu dormait sous leurs chaussures et ses Vieux à la démarche hésitante qui nous ont tant ému en s’excusant déjà de n’être pas plus loin ; tout comme ces marins qui pissaient comme il pleurait, lui Jacques, sur les femmes infidèles !

Jacques était unique, tout comme l’étaient son univers et ses personnages ; des personnages qui nous ont ému, nous ont fait sourire mais aussi quelquefois nous ont fait pleurer. Jacques c’était tout à la fois Mathilde, la perfide Fanette ou bien encore Frida, belle comme un soleil, mais aussi Marieke tout autant que Madeleine. Jacques c’était quelquefois Jeff, l’ami d’infortune, ou bien encore Zangra qui, hier, trop vieux général quittait le fort de Belonzio qui domine la plaine alors que l’ennemi est là et qu’il ne sera pas héros, lui qui rêvait quelquefois d’être Vasco de Gama.

Jacques c’était tout ça à la fois et beaucoup plus encore : Jacques c’était Benjamin Ratry, docteur à Clamecy ou bien François Pignon, cet emmerdeur si attachant ou bien encore Franz, ce paumé du petit matin au grand cœur.

Jacques c’était l’ami de quelques uns mais surtout celui de Georges Pasquier, dit Jojo, un ami exceptionnel auquel il avait accordé aveuglément sa confiance et qui le lui rendait bien. Il lui avait d’ailleurs consacré un merveilleux et émouvant hommage musical après sa disparition qui l’avait beaucoup marqué mais il avait également donné le nom de ce secrétaire, dévoué au-delà de la norme courante, à son Bichcraft avec lequel il faisait le taxi ainsi que des évacuations sanitaires mais également régulièrement le facteur dans ces iles qu’il aimait tant.

Le nom de Brel est indissociable de celui de François Rauber, son pianiste, chef d’orchestre et arrangeur, de Gérard Jouannest, son accompagnateur sur scène mais aussi de Jean Corti, son accordéoniste attitré durant 6 ans (1960-1966).

En ce jour, si particulier pour quelques amputés du cœur qui ont trop ouvert les mains, mes pensées se tournent vers France, sa seconde fille, Présidente de la Fondation Internationale Jacques Brel à laquelle je dédie cet article tout autant qu’à « Miche », sa mère, et femme de Jacques veillant aux destinées des éditions « Pouchenel » mais aussi aux nombreux admirateurs de Jacques et j’offre, à tous, l’œuvre qui suit, composée en ce jour de mémoire dédié à Jacques, notre ami.

Non, Jacques, oh non, tu n’es pas mort, tu dors ! Là-bas, au large, dans le petit cimetière d’Atuona à Hyva Oa, tout près de Paul Gauguin ; sur ce petit atoll perdu du Pacifique à 1800 kilomètres de Tahiti.

Ecrivainparisien 9 octobre 2013

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Patrimoine en or

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Il y a eu trente cinq ans, la vie quittait ton corps

Le destin injuste nous aura privés de ton talent en or

Ta voix reste cependant en nous comme un joli trésor

Non, Jacques, oh non, tu n’es pas mort, tu dors !

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L’Askoy 2 restera, fort longtemps, amarré au port

Quelques vieux chevaux blancs servent bien le décor

Là-bas, sous les beaux cocotiers, le vent chante encore

Non, Jacques, oh non, tu n’es pas mort, tu dors !

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A Vesoul, aujourd’hui, tu resteras bien le plus fort

L’ennemi sera là mais il y aura aussi Terpsichore

La perfide Fanette sera toujours en parfait désaccord

Non, Jacques, oh non, tu n’es pas mort, tu dors !

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Ton œuvre est très riche, nous sommes tous en accord

On pourrait créer avec tes succès nombre de collectors

Tu détiens, toujours bien quelques très beaux records

Non, Jacques, oh non, non, tu n’es pas mort, tu dors !

Ecrivainparisien 9 octobre 2013

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Pour refermer ce livre des émotions, je remercie du fond du cœur toutes celles et tous ceux qui m’ont fait l’honneur de la lecture de ce modeste hommage que j’ai rédigé avec fierté, plaisir et émotion concernant celui qui restera, pour toujours, « notre » ami à tous.

Ecrivainparisien

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Mots clés de cet article :

Commémoration, Jacques Brel, Fondation internationale Jacques Brel, Atuona, Hyva Oa,

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Quelques liens pour compléter cet hommage concernant Jacques Brel :

Site officiel Jacques Brel : http://www.jacquesbrel.be/

Jacques Brel sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Brel

Les Editions Jacques Brel sur Facebook :

https://www.facebook.com/pages/Editions-Jacques-Brel-Bruxelles/101828353235640?sk=map&activecategory=Photos&session_id=1333944953

Historique de Jojo, le Bichcraft de Jacques (belles images) :

http://brel.pfiquet.be/jojoparcours.htm

http://www.tahitiheritage.pf/fiche-jojo-lavion-de-jacques-brel–24348.htm

http://tahitinui.blog.lemonde.fr/2007/01/28/jojo-lavion-de-jacques-brel/

Une partie de l’histoire de l’Askoy 2, le voilier de Jacques :

http://www.audierne.info/pagesphp/actualites/articles/2012/askoy.php

Nombreux liens pointant vers Jacques Brel :

http://www.google.fr/search?client=safari&rls=en&q=jacques+brel+wikipedia&ie=UTF-8&oe=UTF-8&redir_esc=&ei=2MhyUO20EarV0QXFmYDIDg

Quelques informations sur France Brel, la seconde fille de Jacques, Présidente de la Fondation Internationale Jacques Brel (avec une très jolie photo) :

http://www.tbx.be/fr/VIB/170/app.rvb

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Informations concernant :

Madly Bamy, la dernière compagne de Jacques lors de son séjour aux Marquises :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maddly_Bamy

François Rauber, chef d’orchestre et arrangeur de Jacques :

http://fr.wikipedia.org/wiki/François_Rauber

Gérard Jouannest, pianiste et accompagnateur de Jacques :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gérard_Jouannest

Jean Corti, accordéoniste attitré de Jacques :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Corti

Quelques précisions concernant sa tombe au cimetière d’Atuona :

http://www.tahitiheritage.pf/fiche-tombe-de-jacques-brel-24347.htm

Interview de « Miche », la femme de Jacques Brel :

http://www.polyamour.be/news.php?extend.59

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Je n’ai malheureusement rien trouvé de transcendant concernant Georges Pasquier, dit « Jojo », l’ami de toujours, rencontré en 1955 ; juste une petite photo et une ligne, une malheureuse petite ligne dans une des biographies de Jacques qui précise «Georges Pasquier (alias " Jojo ") qui deviendra son régisseur et l’un de ses plus fidèles compagnons. » C’est bien mince pour résumer 23 ans d’une amitié d’une densité exceptionnelle…. J’en suis véritablement désolé mes ami(e)s

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabrielle_Vincent

 

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http://primerose.blog.club-corsica.com/art-un-hommage-a-jacques-brel,-pps-merveilleux_31352.html?wt=1

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Les chroniques de Montigny

Billet n° 2001

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Sur l’écran bleu de mes nuits blanches

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Je vous propose en cette fin de nuit d’être les “lecteurs-spectateurs” d’un long fleuve romanesque traitant de Septième art. Je dédie cet article aux frères Auguste et Louis Lumière, les géniaux inventeurs lyonnais du cinématographe ainsi qu’à tous les ingénieurs et techniciens divers ayant permis de le perfectionner pour faire que ce cinématographe devienne aujourd’hui une technique ayant été élevée au rang d’art, le septième en l’occurence ; un septième art avec tous les perfectionnements que nous constatons aujourd’hui et qui ne nous étonne même plus…

 

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Magie argentique (revue et enrichie)

A celles et ceux qui aiment « vraiment » le septième art et les salles obscures j’offre le très long métrage qui suit, semblable au mouvement lyrique et romantique d’une brillante symphonie, une symphonie cinématographique dont vous verrez passer, au fil des phrases défilant sous vos yeux, des noms et des titres qui ne vous seront pas inconnus. Vous vous retrouverez, sans même avoir besoin de faire un quelconque effort, spectatrices et spectateurs d’images défilant sur l’écran d’un monde fantastique : celui de certains de vos rêves.

Je vous souhaite un bon voyage dans le monde de l’imaginaire.

 

Le pouvoir de trois petites notes de musique.

Je vous amène aujourd’hui au cinéma par le pouvoir de trois petites notes de musique, partie prenante d’un film qui n’est nullement un long fleuve tranquille comme vous allez pouvoir le constater.

Lataupe écoute le glissando de l’archet sur la corde, à l’aube du cinquième jour. Les délicieuses et merveilleuses notes tracées et déposées par Maitre Ennio sur les lignes de la partition muent et se changent, par la magie du violoniste, en purs moments d’émotion.

Les notes perlées du piano emportent Lataupe dans un univers qu’il connait bien : celui du rêve éveillé.

Il revoit ce citoyen au dessus de tout soupçon, seigneur et maitre de la corruption laissant de grossiers indices brouillons sur les lieux de son crime et de ses exactions. Personne n’aura osé dénoncer ses odieuses et vilaines actions du côté de la rue du Temple, là où il assassine Augusta Terzi, sa maitresse.

Lataupe revit aussi l’épopée de cette révolution et de ce dynamiteur Irlandais aux prises avec celui qui rêve de Mesa Verde, mais surtout de sa banque, entrainé par sa cupidité dans le tourbillon d’une aventure qu’il ne pourra maitriser devenant ainsi, malgré lui, héros national.

Le sieur Lataupe le revoit distinctement ce spécialiste de l’explosif chevauchant sa drôle de moto avec son foulard autour du cou et ses lunettes masquant ses yeux, revêtu de son imperméable cachant dans ses poches intérieures suffisamment de nitroglycérine pour faire sauter et rayer de la carte le Mexique tout entier.

Il revoit aussi le lâche et traitre personnage de cette palpitante aventure, ce Docteur Vilega, « patron spirituel » de la Révolution, dénonçant, la tête basse, à l’officier commandant les troupes légales ses camarades de combat pour sauver sa propre peau.

Cette épopée historique, juste à peine romancée, retrace l’histoire, la vraie, celle de Pancho Villa et de ses camarades. Ce cinéma là est aussi réaliste que la vie et Sergio nous a concocté une géniale et grandiose mise en scène avec des effets de ralentis qui sont de pures merveilles d’émotion cinématographiques, de véritables perles, couleur de larmes d’émotion.

Des émotions Lataupe en vit et en revit encore et toujours lorsqu’emporté par les notes de la partition il revoit devant ses yeux la cabine de projection de ce cinéma Paradiso, comparable à celle qu’il a tenue et animée au Rex trois années durant. Il se remémore l’incendie de ce film de cellulose qui rendra le projectionniste aveugle.

De chaudes larmes d’émotion coulent sur ses joues creusées en ce jeudi après-midi à l’atmosphère pluvieuse.

Que de questions posent ces petites notes de musique !

L’assassin habite-t-il toujours au 21 ? Le train sifflera-t-il trois fois aujourd’hui en arrivant aux abords de la gare ? Le facteur sonnera-t-il toujours deux fois en cette journée à l’atmosphère grisâtre ?

Le coup de torchon claquant sèchement chassera ces banales questions de chiffres et ouvrira subitement cette fenêtre sur cour derrière laquelle un observateur voit, par le fait du hasard, de drôles de choses se dérouler devant ses yeux.

Il suit du regard ces oiseaux qui s’envolent, venant se poser sur le toit de l’Hôtel du Palais, où, dans une « obscure chambre » un emmerdeur, représentant en chemises, rate son suicide pourrissant ainsi la vie d’un certain Milan. Il est pourtant si attachant ce François Pignon qu’on en vient à lui porter de la compassion. Sans doute grâce à l’exceptionnel talent de celui interprétant le rôle, cet Homme de la Mancha, pilote d’avion, navigateur, acteur, cinéaste et auteur compositeur pour ne citer que les principales passions qu’il a assouvies au cours de sa trop courte vie.

La trop courte vie de ce François Pignon a été une série d’aventures éclatantes, en effet dont celle qu’il a vécue en tournant sous la direction d’un certain Claude, réalisateur de « L’aventure c’est l’aventure » justement, spécialiste d’un cinéma que l’on peut nommer « vérité », tenant lui-même à l’épaule la lourde Arriflex. Pour ce Claude là, la caméra est un stylo qui lui permet d’écrire de magnifiques pages depuis quelques décennies déjà, pages dont certaines ont eu les honneurs de la Palme du côté de la Croisette dans le plus grand festival mondial de cinéma, festival né la même année que votre serviteur.

Il n’est pas « louche » ce Claude là chers lecteurs. Je persiste dans cette affirmation et je n’hésite pas à la signer, comme l’écrivit et le fit il y a plus de trente cinq ans un certain Jacques, alias Franz un « paumé » au grand cœur pour lequel j’ai la plus grande admiration, admiration que je porterai également jusqu’à la fin à Guy Carriau mon exceptionnel professeur de musique et Maitre de chorale trois années durant.

Je la paraphe en effet cette affirmation, chose que ne faisait pas au bas de ses lettres un sinistre corbeau qui fit de tristes ravages tout comme un certain chapelier semant la mort autour de lui au fond d’une bourgade bretonne pluvieuse dans une atmosphère rendue lugubre et oppressante par le génie du metteur en scène, un certain Claude également.

Ce Claude là n’est pas fils d’un boucher, non, mais il a partagé une partie de sa vie avec celle dont le patronyme est l’homonyme d’un certain Général, lâchement assassiné.

Je ne pense pas que ce Général là ait pu passer la ligne de démarcation, il n’en avait pas l’âge à cette époque je crois.

Par contre il aurait sans doute pu, s’il avait été acteur, rendre compte à la hiérarchie de l’époque algéroise en s’écriant « RAS » en direction du « Shérif », celui ayant levé le voile sur l’affaire du patron d’une petite scierie bretonne du côté de Plouriveau, condamné et déporté au bagne de Cayenne puis gracié par le Général de Gaulle. Il venait de quitter depuis peu Saint Laurent du Maroni pour rentrer en France retrouver sa famille brisée, vieillie et minée par un légitime chagrin. Un ancien avocat, devenu metteur en scène, ayant réalisé entre autres films « Les risques du métier », s’intéressa à l’homme de Cayenne. André Cayatte prit donc contact avec lui et lui proposa de jouer son propre rôle dans le film qu’il avait l’intention de tourner pour raconter son histoire. Dans ce film, pour lequel André Cayatte avait subi des pressions, Guillaume Joseph Marie Seznec, patron de scierie devait jouer son propre rôle, celui de l’accusé puis du condamné au bagne pour la mort de Pierre Quemeneur, conseiller général breton. Alors qu’il se rendait à un rendez-vous donné par André Cayatte, Seznec fut écrasé par un camion dont on n’a jamais retrouvé le conducteur. Mystérieuse et ténébreuse affaire dont beaucoup pensent qu’elle est la plus grande erreur judiciaire du vingtième siècle.

Pour en revenir au Général Audran, puisque c’est de lui dont il s’agit, il n’aurait peut-être pas eu besoin d’avoir fait l’« Actor Studio » ou d’avoir suivi le Cours Simon pour remplacer au pied levé, le cas échéant, « Papa Schultz » poursuivant une certaine Babette, avocate des animaux qui partait sur le sentier de la guerre. Le responsable du casting aurait pu également mettre son nom au générique en remplacement de celui des Colonels Zangra ou d’un certain Zampano, ancien Colonel de l’armée grecque, actif participant dans une équipe de saboteurs chargés de détruire deux canons géants installés quelque part du côté de la Mer Egée.

Ces trois petites notes de musique, entendues lors d’une noce, mise en scène par Jean Becker dans un certain été meurtrier nous entrainent vraiment loin du Café Courant et de la rue du Faubourg Saint-Antoine à cet instant où la nuit est en train de tomber sur Paris comme tombaient sur la capitale, dans le feu d’une action se déroulant il y a plus de 60 ans, quelques parachutistes britanniques de la Royal Air Force entrainant dans leur cavale deux énergumènes sensationnels. Dans ce film, référence d’un certain cinéma, le sieur Augustin Bouvet, peintre en bâtiment et « accessoirement corniaud » donnait la réplique à un non moins célèbre Stanislas Lefort, chef d’orchestre « électrique » de l’Opéra de Paris, dirigeant une tonitruante symphonie « zizanique » sous-titrée « La folie des grandeurs ». Cette grande vadrouille a fait rire plusieurs millions de spectateurs, amateurs de salles obscures depuis plus de quarante cinq ans et continue d’amuser lorsqu’elle est programmée pour les fêtes de fin d’année sur les écrans de la « chaine en béton » : Merci Monsieur Bouygues, ça c’est du meuble ! (Cette boutade n’est pas de Dijon et a été réalisée sans trucages ni colorant d’aucune sorte).

L’action de l’indémodable œuvre dont je viens de parler, créée par le metteur en scène des trépidantes aventures d’un Rabbi Jacob, plus vrai que nature, se déroule en partie en Bourgogne et, un soir que l’âme du vin chantait dans une bouteille de Côtes-de -Nuits ou bien de Mercurey, à moins que ce ne soit une bouteille d’Aloxe-Corton, Lataupe ne s’en souvient plus très bien, il vit, au-dessus du goulot de ladite bouteille, un nuage dans lequel quelques hommes, assis autour d’une table de cuisine, s’apprêtaient à boire un verre d’alcool que distillait jadis un mexicain chatouilleux de la gâchette, alcool dont on avait arrêté la fabrication d’après Maitre Folace, un drôle de paroissien, puisque la consommation de ce breuvage d’enfer rendait les gens aveugles, parait-il et, d’après lui, ça faisait des histoires. Fernand Naudin, après y avoir gouté, décréta que cette boisson d’homme lui rappelait le souvenir d’une certaine Lulu la nantaise et d’ajouter qu’il avait connu une polonaise qui en prenait au petit-déjeuner. Un idiot à Paris, les larmes aux yeux après y avoir gouté, demanda à l’assistance si, par hasard, il n’y avait pas de la pomme dans la composition de ce breuvage, et Fernand Naudin de lui répondre illico qu’il y en avait.

Les personnages, hauts en couleurs évoluant dans ce chef-d’œuvre intemporel restent des pointures du cinéma d’une autre époque, celle que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre comme le chantait un certain petit tailleur juif du nom de Kachoudas, un rôle taillé sur mesure pour lui dans un film, réalisé par un certain Chabrol dont je parlais plus avant.

Des rôles taillés sur mesure ne sont pas l’apanage de celui qui se voyait déjà en haut de l’affiche, non, loin de là ! Le fils d’un sculpteur du siècle dernier a eu également son heure de gloire dans nombre de films comme celui dans lequel, par exemple, on a peur sur la ville suite aux agissements d’un certain Minos, neutralisé par un commissaire Letellier, policier de haut rang rayé de l’antigang suite à une bavure, ayant, d’après son supérieur, le commissaire divisionnaire Sabin, une petite tête mais des gros bras. Et des gros bras il en aura besoin au cours de sa carrière cinématographique cet acteur à la « gueule cassée » puisqu’il ne se faisait jamais doubler dans ses rôles, même les plus physiques et les plus dangereux. Un Sacré Animal que cet acteur là qui donnait la réplique à une certaine Raquel, une ex miss de beauté, je crois, convertie, pour les besoins d’un scénario en actrice du genre lionne sauvage, dans un film à l’action trépidante dans lequel, justement, il jouait le rôle d’une doublure qui travaillait sans filets. Des filets il n’en n’avait nul besoin ce morfalou, un peu flic tout autant que voyou qui a donné la réplique à nombre de beautés au cours de sa carrière ponctuée de dizaines de films presque tous comiques. Quoique, à bien y regarder, on peut trouver dans les rôles qu’il a interprétés quelques personnages forts, du genre professionnels, adeptes de vengeance qui aimaient voir à terre le corps de ses ennemis.

Mais dans la vie, la vraie, des ennemis il n’en compte guère puisqu’il reste l’un des acteurs préférés des français dont certains lui vouent un véritable culte, de ceux que l’on consacre généralement aux « monstres » disparus… Et des « monstres » de cinéma au talent exceptionnel, ayant tous leur place au « Panthéon des Artistes » sont quelques uns à l’intérieur du gros catalogue du Cinéma français que nombre de cinéphiles avertis et passionnés jugent « irremplaçables » à un titre ou à un autre et qui ont presque tous fait leurs classes, pas chez Fabrice, non, mais plutôt sur les bancs du Cours Simon, une sorte de conservatoire, un peu comparable à celui de Mireille qui a su dénicher quelques rossignols devenus célèbres.

Des rossignols qui ont agréablement caressé nos oreilles par le timbre de leur voix et dont certains ont eu les honneurs de la pellicule ; comme l’aurait sans doute eu, si la pellicule avait existé à son époque, un certain castrat, devenu légende en son temps et que Gérard Corbiau, metteur en scène belge, mélomane averti et passionné, a su faire revivre dans un film magistral ayant obtenu deux Césars, un pour la bande son du film. Qui s’en étonnerait ? Et un second pour les meilleurs décors mais qui a aussi raflé un oscar : celui du meilleur film étranger. Beau palmarès pour un film de longue haleine pour lequel plusieurs pays européens ont investi, notamment l’Italie, la Belgique et la France, bien sur.

Mais ce véritable film pour mélomanes n’est pas le seul à avoir été récompensé par la profession. Un autre chef-d’œuvre, réalisé il y a trois décennies par Jean-Jacques Beineix, qu’on ne présente plus, a obtenu 4 césars : celui de la meilleure première œuvre, de la meilleure musique, de la meilleure photographie et de la meilleure bande son ainsi qu’une distinction, attribuée par la National Society of Film Critics (NSFC) et décernée à Philippe Rousselot, primé donc deux fois pour la photographie. Tel est le palmarès de cette Diva dont le rôle est tenu par une véritable cantatrice : Wilhelmenia Wiggins Fernandez, contrairement à Stefano Dionisi ayant assuré le rôle titre dans le film d’Alain Corbiau mais qui n’est nullement castrat.

Je bavarde, je bavarde et je ne me rendais pas compte, dans le feu de l’action, qu’il est tard Monsieur, il faut que je rentre chez moi, comme l’a écrit et si bien chanté et interprété l’auteur de la remarquable satire « Ces gens là ».

Je pars sur la pointe des pieds. Mon taxi pour Tobrouk m’attend !

Bonsoir à tous.

Ecrivainparisien, alias Jean Claude Lataupe, narrateur

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Mots clés de cet article :

Septième art, Salles obscures, Frères Lumière,

 

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Contes de la rêverie ordinaire

Les chroniques de la place

Billet n° 1611

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Contes de la rêverie ordinaire

La nuit prochaine sera la nuit la plus longue de l’année pour ce mythe, symbolisé en bonhomme, quelque peu ventru, arborant une grande barbe blanche dépassant de son bel habit rouge et portant une hotte chargée de cadeaux qu’il va distribuer au cours de cette nuit à tous les enfants sages de la terre ; j’en connais beaucoup qui attendent sa venue…

Mais il est, dans la corporation de ce personnage particulier, de drôles de « lascars » dont le plus connu a été immortalisé par un certain Jugnot du nom de Félix qui a beaucoup fait rire la France entière il y a quelques années.

En cette veille de Nuit de la Nativité, je vous offre la vision de Lataupe, le pamphlétaire gaulois ; une vision du bonhomme en rouge, déclinée en vers mais pas contre tous :

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Rêve rocambolesque

24 décembre : J’ai mis mes souliers au pied du sapin !

Il va passer au cours de cette belle nuit c’est certain !

Midi, je m’éveille tranquillement : il est venu c’est sur !

Cela est impossible ! Ce père Noël est une ordure !

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Ce fieffé coquin a oublié de garnir mes petits souliers !

Je suis certain qu’il aura revendu tous mes beaux jouets

Et avec cet argent, honteusement volé, il a du aller boire

On va le trouver qui cuve au pied d’un arbre d’ici ce soir.

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Tati Danielle, alertée par mes cris, m’a dit l’avoir croisé

Il errait lamentablement dans une rue près du supermarché

Elle me fit un coup d’œil complice et prit en main son lasso

« Allez viens mon gamin, on va attraper ce vilain bigorneau »

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Nous voilà partis à la recherche de ce vilain voleur de jouets

La police, en ronde dans le quartier, nous dit l’avoir capturé

Il transportait, dans sa hotte, un bric-à-brac invraisemblable

Il avait du écumer le quartier, cela paraissait vraisemblable !

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Le commissaire avait dressé l’inventaire et un procès verbal

« On va te mettre au trou !» lui disait-il sur un ton guttural

Après enquête il s’avéra que ce père Noël était usurpateur

Il avait été pris la main dans une hotte pour son malheur.

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Une poupée endormie, deux toupies et trois petits lapins

Constituaient la partie la plus visible de son coupable larcin

Venaient s’ajouter trois bilboquets et des ballons de rugby

Sans oublier des jeux de cartes et une bouteille de Chianti.

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Le commissaire le mit à l’ombre pour la journée toute entière

Il endossa la tenue rouge et s’en alla rapporter les affaires

Tati Danielle me réveilla avec un beau sourire aux lèvres

« Tu as du faire un mauvais rêve ! Tu n’aurais pas la fièvre ? »

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Je me frottai les yeux et regardai le beau sapin tout illuminé

Dans mes petits souliers je vis plusieurs paquets emballés

Je courus bien vite faire l’inventaire de mes nouveaux trésors

Les jouets du cleptomane étaient là, dans leur papier en or.

Ecrivainparisien

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Mais cette nuit de Noël n’est pas peuplée que de personnages comme celui décrit ci-dessus. Il en est, de fort sympathiques qui font vivre de bien belles histoires… D’amour à certaines et certains :

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Nuit de rêve (extraits)

Une nouvelle de Jean Claude Lataupe

Godefroy avait rencontré Louisa à la terrasse du Café des Arts. Il était raccordé à Internet ce jour là et mettait en ligne ses dernières œuvres quand il vit arriver une jeune femme vêtue d’une robe assez courte faite de tissu imprimé de fleurs bleues. Une ceinture de métal doré enserrait sa taille, un long foulard sur ses épaules tombait dans son dos au profond décolleté. Elle avait un tatouage sur son épaule droite qui représentait une gazelle en pleine course. Elle en avait un autre, en hauteur sur sa cheville gauche fait de signes de l’alphabet chinois. Elle était blonde, les cheveux plutôt courts. Elle portait des chaussures à hauts talons dont le ton s’harmonisait parfaitement à celui de la robe et du foulard qu’elle portait avec beaucoup d’élégance. Le contre jour laissait deviner des formes harmonieuses sous la robe de fin tissu malgré la doublure censée voiler ces formes. Elle vint s’assoir à une table proche de celle de Godefroy et commanda un thé au jasmin. Le garçon apporta la commande et la posa sur la table. Elle ouvrit son sac à main duquel elle tira un étui en métal doré et en sortit une cigarette qu’elle porta à ses lèvres puis déposa l’étui doré sur la table. Elle fouilla à nouveau dans son sac, en sortit un briquet en laque de chine et alluma sa cigarette. Godefroy reconnut le bruit caractéristique du Dupont lorsqu’elle le referma et le posa sur l’étui à cigarettes. Elle fumait nonchalamment en attendant que le thé infuse dans la théière. Sa robe laissa voir assez haut ses jambes lorsqu’elle les croisa. Elles avaient un galbe et un teint hâlé admirables. Elle porta son regard sur Godefroy, lui adressa un discret sourire lui disant qu’elle était de passage à Paris. Godefroy lui demanda alors ce qu’elle faisait à Paris. Elle lui répondit qu’elle était en stage de formation pour devenir naturopathe et qu’elle profitait de ses journées de repos pour visiter les monuments et musées de la capitale. Godefroy la complimenta pour le choix de cette orientation professionnelle basée sur le principe que nombre de maladies peuvent être soignées ou évitées avec des régimes végétariens ou à base de produits naturels. Il lui fit également compliments sur sa tenue et sa beauté ce qui lui fit arborer un large et gracieux sourire indéfinissable. Elle lui demanda ce qu’il faisait sur cette terrasse. Godefroy lui répondit qu’il était écrivain et qu’il venait souvent en ce lieu puisque le café disposait d’une connexion sur le réseau Internet et il en profitait donc pour mettre en ligne son travail. Godefroy lui proposa de se rapprocher pour lui montrer son travail justement. Elle accepta, se leva et vint s’assoir à la table la plus proche de la sienne. Godefroy tourna l’écran afin qu’elle puisse lire. Elle tourna également légèrement sa chaise afin d’avoir l’angle de lecture le mieux adapté. Elle semblait intéressée par la teneur des textes de Godefroy. Elle les parcourait avec assiduité et lui dit, au bout de quelques minutes que ce qu’il écrivait était très intéressant. Elle voulut se lever pour aller chercher son thé. Godefroy avait anticipé sa pensée et se leva pour aller le lui chercher. Elle le trouva serviable. Godefroy lui répondit que c’était un honneur pour lui que de la servir. Elle sourit à nouveau lui disant qu’elle aimait ses manières et qu’aujourd’hui peu d’hommes se comportaient de la sorte.

Elle but son thé à petites gorgées alors qu’il l’observait du coin de l’œil. Son maquillage soulignait ses yeux verts et les mettait en valeur tout comme ses lèvres bien dessinées. Elle avait un port de tête distingué. Un parfum aux senteurs de fleurs émanait de sa peau au grain fin. Elle était vraiment belle et produisait beaucoup d’effet sur Godefroy. Lorsqu’elle eut bu la moitié de sa tasse elle vint s’assoir sur la seconde chaise de la table après lui avoir demandé la permission ce qu’il accepta volontiers. Elle était à trente centimètres de Godefroy et son parfum l’enivrait de tant de douceur. Elle prit la souris dans la main après lui avoir demandé et tourna la molette pour continuer sa lecture. Son aisselle était parfaitement épilée et dans l’échancrure de son chemisier Godefroy voyait le renflement de sa poitrine emplissant parfaitement le chemisier. Elle portait un soutien gorge sans bretelles à fleurs bleues également. Elle ne protesta pas lorsque la main de Godefroy se posa sur la sienne prétextant de l’amener sur une page très intéressante mais éloignée de l’endroit qu’elle parcourait. Elle avait la peau vraiment douce. Elle continua ainsi sa lecture alors que Godefroy se rapprochait doucement d’elle. Au bout de cinq minutes leurs corps se touchaient presque et elle ne protesta pas, une fois encore, lorsqu’elle sentit la cuisse gauche de Godefroy effleurer sa cuisse droite puis se coller contre elle. Elle était totalement absorbée par sa lecture. Godefroy sentait à travers son pantalon la chaleur du corps de Louisa qui réchauffait sa peau. Il en éprouva un bien être délicieux et aurait voulu que cette lecture dure longtemps, très longtemps. Trente minutes plus tard elle arriva au dernier billet du blog. Elle se tourna vers Godefroy et le remercia d’avoir partagé avec elle ce délicieux moment. Elle déposa un baiser sur sa joue gauche puis lui dit qu’elle devait rentrer à son hôtel. Godefroy lui demanda si elle était libre le lendemain. Elle répondit par l’affirmative. Il lui proposa donc de la revoir sur cette terrasse dès le lendemain ce qu’elle accepta. Ils se levèrent, Godefroy l’embrassa puis elle quitta la table en regardant dans sa direction lui faisant un signe de la main, signe que Godefroy lui rendit.

Il resta rêveur sur sa chaise durant de longues minutes en repensant à elle. Elle l’avait vraiment marqué durant cette heure qui comptera dans sa vie. Godefroy se sentait d’humeur joyeuse et avait hâte d’être plus vieux de quelques heures pour avoir la joie de la voir arriver.

Il remballa ses affaires puis se rendit à la caisse pour régler ses consommations. Godefroy quitta la terrasse non sans avoir regardé une dernière fois la table qui avait vu se dérouler leur rencontre. Il marchait d’un pas léger. Le monde était beau ce soir ! Un vent frais soufflait sur le boulevard. Il écoutait le pépiement des oisillons dans leurs nids perchés sur les hauts platanes. Le boulevard était calme en cette douce soirée et les voitures se faisaient rares à cette heure, une majorité de parisiens ayant déserté la capitale en cette fin juillet.

Dans la grande salle du rez de chaussée de l’Hôtel du Nord une jeune femme, assise dans un fauteuil lisait le Parisien. Elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. En l’observant le veilleur de nuit trouva qu’elle semblait gaie et heureuse de vivre. Il eut un petit sourire puis continua à vaquer à ses occupations. Lorsqu’elle arriva aux pages centrales Louisa posa le journal sur ses genoux et ferma les yeux repensant à Godefroy. Elle se dit qu’il écrivait remarquablement, ses textes la touchaient véritablement et ses prises de position par rapport aux évènements de la vie lui plaisaient. Elle se souvenait particulièrement de ce pamphlet adressé aux grands de ce monde qui les fustigeait pour leur attitude égoïste par rapport à notre planète. La sonnerie de son portable la tira de ses réflexions. Elle fouilla dans son sac, en sortit le portable, décrocha et reconnu immédiatement la voix de Godefroy. Ils parlèrent de longues minutes de choses et d’autres et Godefroy lui souhaita une douce nuit avant de raccrocher. Louisa referma le couvercle du Motorola et le remit dans son sac, visiblement heureuse. La grande salle de l’Hôtel du Nord était maintenant vide. Elle demanda sa clé au veilleur de nuit et monta l’escalier qui menait à sa chambre.

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Godefroy termina son article, rangea son ordinateur dans la valise puis sortit pour se rendre au Café des arts afin de mettre en ligne son billet du jour, billet pamphlétaire parlant des dopages sur le tour de France.

Il s’installa à la place qu’il occupait la veille, commanda un grand café avec du lait froid puis sortit son ordinateur. Pendant que la connexion s’établissait il but son café au lait puis commença son travail journalier, ouverture de sa messagerie, lecture et exploitation de ses nombreux messages et connexion sur son blog, sa signature morale honorifique.

Godefroy travaillait plusieurs heures par jour sur cet espace qu’il avait ouvert il y a 20 mois en hommage à ses trois amies assassinées. Il était 16 heures lorsqu’il ferma son blog. Il sortit son portable et appela la brasserie Tarmac pour réserver une table pour 20 heures puis se rendit chez le fleuriste voisin.

Il commanda une rose satinée de teinte saumon pastel. Il la fit emballer et demanda qu’on y agrafe l’enveloppe qu’il tendit à la vendeuse. Il paya puis retourna s’installer à la terrasse. Il était presque 17 heures et Louisa n’allait pas tarder.

Il reconnut de loin sa démarche alors qu’il ne voyait pas encore les traits de son visage. Elle marchait du pas tranquille de quelqu’un bien dans sa peau. Elle portait un mignon petit sac pendu à son épaule gauche et une sacoche de cuir clair dans la main droite. Lorsqu’elle vit Godefroy elle lui fit un signe de la main et un discret sourire illumina les traits de son visage. Il se leva pour l’accueillir, posa la main droite sur son épaule et ses lèvres tremblantes embrassèrent ses joues fraiches. Ils prirent place à la table alors que Godefroy appelait le serveur. Louisa posa sa sacoche sur la table se trouvant à côté d’elle et se laissa doucement tomber sur la chaise face à Godefroy alors que le garçon arrivait. Godefroy commanda deux coupes de Champagne rosé puis prit la rose posée sur la chaise à sa gauche et la tendit à Louisa lui disant que ce petit présent émanait de son cœur. Louisa prit la rose saumon la regarda et la posa sur la table puis se leva et embrassa Godefroy dont les joues s’empourprèrent. Elle lui dit apprécier l’élégance et le geste en se rasseyant sur sa chaise. Elle souleva le dos de l’enveloppe de son index à l’ongle peint de rouge vif et en tira entre deux doigts un bristol sur lequel figuraient ces quelques mots :

Lorsqu’hier sur cette terrasse je t’ai aperçue

Ta beauté naturelle m’a soudainement vaincu

Accepte chère Louisa cette si modeste reine

Elle honore en cette journée une souveraine.

Louisa était manifestement touchée de ce présent et des mots valorisants qui l’accompagnaient. Une larme d’émotion perla bientôt à ses paupières. Il y avait si longtemps qu’on ne l’avait pas traitée avec tant de délicatesse. Elle se sentait grandie, flattée, considérée et valorisée elle qui avait enduré, tout comme Godefroy, son lot de malheurs et de solitude. Elle lui dit qu’il était un homme formidable. Godefroy posa sa main droite sur la nuque de Louisa, la regarda dans les yeux et lui dit que ces modestes mots ne reflétaient qu’une infime partie de ce que son cœur meurtri ressentait pour le sien. Il l’embrassa sur la joue et sa main droite vint se poser sur celle de Louisa qui passa ses doigts dans les siens. Le garçon revint avec les deux coupes de Champagne rosé, accompagnées de quelques boudoirs rémois qu’il déposa sur la table puis s’éloigna discrètement. Godefroy dégagea ses doigts de ceux de Louisa prit sa coupe en main regarda Louisa dans les yeux et lui déclara : « Je porte un toast à notre belle rencontre qui restera ancrée en mon cœur ; Je ne te connais que depuis deux jours et tu m’offres déjà du bonheur. »

Louisa était manifestement sur une autre planète depuis quelques instants. La tête lui tournait mais les quelques gorgées de breuvage royal n’en étaient pas responsables. Elle était étourdie et éblouie par tant de délicatesse et de belles manières qu’elle ne se déroba pas lorsque les lèvres de Godefroy se posèrent sur les siennes. Ce baiser furtif lui communiqua des bouffées de chaleur. Les doigts de Godefroy se glissèrent dans ceux de Louisa et il lui dit d’une voix tremblante qu’il se sentait bien avec elle. Louisa était elle aussi heureuse, si heureuse même qu’elle avait l’impression de vivre un rêve éveillé. Elle ne se souvenait pas d’avoir vécu, par le passé, une telle plénitude auprès d’un homme, homme qu’elle ne connaissait que depuis deux jours à peine. Elle ne s’expliquait pas non plus cette délicieuse magie qui était en train d’opérer entre eux. Peut-être même ne souhaitait-elle pas se l’expliquer d’ailleurs.

Lorsque leurs coupes furent vides Godefroy dit à Louisa qu’il avait réservé une table dans une brasserie contemporaine. L’idée lui parue sympathique et elle accepta. Godefroy appela le garçon, demanda la note puis sortit son portable et appela un taxi. Il venait de régler l’addition lorsque le taxi arriva. Ils prirent place à l’arrière de la Mercédès après que Godefroy eut rangé dans le coffre de la voiture la sacoche de Louisa et sa propre valise. Godefroy demanda au chauffeur de les conduire à la brasserie Tarmac. La circulation, particulièrement fluide en cette fin juillet permit à la Mercédès d’arriver rue de Lyon en moins de dix minutes. Godefroy régla le chauffeur et reprit leurs affaires entreposées dans le coffre de la Mercédès.

La grande salle du Tarmac, pleine comme un œuf, diffusait du jazz. Le bruit de la cloche émanant de la cuisine tintait à intervalles réguliers indiquant aux serveuses que les commandes étaient prêtes. Les plats, à la présentation harmonieuse et sans faille, étaient livrés sans retard en un ballet parfaitement réglé et rodé par l’expérience acquise au fil du temps par les serveuses de cette brasserie en vogue. Les plateaux, chargés de cocktails aux couleurs exotiques trouvaient place sur les tables au gré des commandes.

Il ne restait que quatre places sur la terrasse et Stéphane le responsable, tout sourire, plaça Louisa et Godefroy près du gros palmier de droite puis tendit à chacun une carte et s’éloigna. A la table voisine de la leur, juste à côté de la valise de Godefroy, un petit caniche au pied de sa maitresse fit sourire Louisa qui le trouva mignon. L’ambiance était détendue et le courant passait remarquablement entre eux. Ils étaient en phase sans même parfois prononcer un seul mot. Le miracle de l’amour les portait dans cette douce soirée dont ils garderaient un souvenir empli d’émotion.

Mélanie, tout sourire, vint prendre leur commande. Louisa demanda une Caïpirinha, cocktail exotique à base de citron vert pilé et du jambon Serrano tandis que Godefroy commanda un Mojito, mélange à base de rhum Bacardi accompagné de croquettes de patates douces et de crevettes. Mélanie partit passer la commande et les laissa choisir la suite. Ils eurent du mal à se décider sur le choix du plat tant la carte offrait de délices tous plus appétissants les uns que les autres. Lorsque Mélanie apporta les cocktails et les tapas ils avaient arrêté leur choix. Louisa commanda des noix de Saint Jacques poêlées accompagnées d’un verre de Côtes de Gascogne-Domaine Joÿ 2005, Godefroy, lui, demanda un gigot d’agneau roulé au sel de Guérande et au romarin ainsi qu’un verre de Morgon-Foillard 2006. Mélanie, après avoir noté leur commande, leur souhaita un bon appétit et une excellente soirée avec son sourire habituel puis s’éloigna discrètement pour passer commande. Ils dégustèrent leur cocktail et grignotèrent amoureusement les tapas.

Le contexte et le lieu devenaient magiques pour eux et le lyrisme s’emparait de leur âme. Ils avaient envie de chanter tant ils se sentaient bien. La main gauche de Godefroy se posa sur celle de Louisa et la serra tendrement. Leurs doigts se nouèrent comme s’ils avaient voulu emprisonner le bonheur afin qu’il ne leur échappât pas. Ils se sentaient merveilleusement bien en cette soirée qui voyait approcher la nuit. Ils parlèrent de leurs gouts et leurs combats respectifs et se trouvèrent nombre de points de convergence. Godefroy proposa à Louisa d’aller écouter dimanche le concert d’orgue à Saint Eustache ce qu’elle accepta avec bonheur. Décidément Godefroy la comblait de délicates attentions et le cœur de Louisa s’en trouvait transfiguré.

Mélanie vint apporter la suite et les servit après avoir enlevé leurs verres et leurs assiettes vides. Ils dégustèrent leur plat de bon appétit, visiblement satisfaits de la qualité. Arnaud, le chef de cuisine vint poliment les saluer s’enquérant de savoir si le repas leur plaisait. Ils répondirent « oui ! », en chœur, éclatant de rire car leur affirmation était synchrone comme si une seule bouche l’eut prononcée. Ils étaient en phase, une fois de plus. Mélanie vint débarrasser la table leur demandant s’ils souhaitaient un dessert en leur tendant la carte. Lorsque Mélanie revint Louisa demanda une mousse de banane et coulis d’ananas au curry tandis que Godefroy opta pour une crème brulée à la vanille de Bourbon. Les mains de Godefroy caressaient celles de Louisa qui le regarda lui disant qu’elle vivait ce soir un merveilleux conte de fée. Un sourire radieux illuminait leur visage. Ils étaient bien ensemble et auraient voulu que cet instant ne s’arrête jamais tant ils se sentaient heureux. Ils dégustèrent leur dessert puis prirent un café. La nuit était tombée sur le quartier de la gare de Lyon. Mélanie apporta l’addition. Godefroy régla la note puis commanda un taxi. Le taxi, une Jaguar vert bouteille se gara le long du trottoir. Le chauffeur en descendit, ouvrit le coffre puis la porte arrière droite. Godefroy déposa leurs affaires dans le coffre pendant que Louisa prenait place à l’arrière de la Jaguar. Il vint s’assoir à côté d’elle et le taxi démarra en direction de l’hôtel du Nord, Quai de Jemmapes près du Canal Saint Martin.

A suivre…

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Ce qui se passera ensuite ne peut être conté ici mais l’idylle naissante des deux héros fut réel rêve tout autant que conte de fée magnifique.

Noël 1

Rêve au pouvoir

Cette nuit je rêvais en compagnie d’un drôle de personnage

Nous étions sur le Net, il m’a ouvert sa malle aux images

Il m’a d’abord fait voir de jolies maisons richement éclairées

Il m’a expliqué que cet endroit était le village où il résidait.

Ange

Je n’ai pas eu le temps de souffler, il m’a montré des félins

Il possède une collection de photographies d’animaux divins

J’ai vu des lions des tigres et des panthères tous très beaux

J’ai découvert également de très adorables petits animaux.

Ange

Grâce à lui j’ai vécu un rêve bien plus riche que la réalité

J’ai découvert des images de grand format belles à pleurer

J’étais dans un monde inconnu rempli de splendeur infinie

Je ne suis pas certain mais je crois que j’étais au paradis.

Ange

Dans ce rêve le bonhomme m’a expliqué les joies du partage

J’ai trouvé son discours réconfortant et véritablement si sage

La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne a-t-il dit

J’étais bien réveillé, j’ai miraculeusement vraiment compris.

Ange

Je vous fais don des quelques images que nous avons partagé

Elles sont uniques comme cet instant que nous avons apprécié

Avant de s’évanouir de l’écran il m’a demandé de vous saluer

Je me suis permis, en votre nom, chers amis, de le remercier.

Ecrivainparisien

Noël 2

Noël 3

Santa Puts on His Gloves

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Rappel salutaire : N’oubliez pas, chers lecteurs, que demain, ceux qui vont se déplacer en voiture, doivent garder à l’esprit qu’avant mais surtout après le réveillon ils se doivent, pour eux-mêmes et les personnes qu’ils transportent mais aussi pour les autres usagers de la route de conduire prudemment et surtout de ne consommer que des boissons non alcoolisées…

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Les chroniques de la place

Billet n° 1555

Un brin de poésie dans un monde de dureté

 

Ode à ma muse 

Tu es belle et aussi mystérieuse que l’insondable voie lactée

Tu es mille fois plus brillante que Vénus, l’étoile du berger

Tu irradies mon âme de ton éblouissante lumière inépuisable

Tu es vecteur du cœur qui bat pour toi de façon incroyable !

Tu es bien tout cela, délicieuse muse et infiniment plus encore

Tu es divine sculpture quand j’admire les courbes de ton corps

Tu m’apportes harmonie et apaisant bien être chaque seconde

Tu émets, sans même le vouloir quantité de bénéfiques ondes !

 Tu es vraiment inépuisable source de satisfaction intellectuelle

Tu es magie aussi inexplicable que l’univers et le bleu du ciel

Tu déclenches en mon âme vélocité que je ne soupçonnais point

Tu es catalyseur pour l’âme jusque dans ses moindres recoins!

Ton sourire, c’est Vivaldi qui s’impose à mon oreille enchantée

Tes mots d’amour, c’est Hugo, qui coule, limpide sur le papier

Ton cœur s’ouvrant au mien, c’est La Fontaine tout de fluidité

Ta silhouette de Déesse et c’est Rodin au centre d’un musée !

Tu es chaud soleil réchauffant un cœur ayant tellement saigné

Ton délicieux sourire est un baume que tu étales avec dextérité

Tu m’offres généreusement tout ce qui existe de meilleur en toi

Tu es la plus merveilleuse des muses, celle en laquelle je crois !

Ecrivainparisien

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Tirade d’excellence

Les chroniques de la place

Billet n° 1554

Tirade d’excellence

Mon amie Yolande m’a offert ce matin un texte en forme de tirade qui m’a épaté, je dois le dire.

L’émotion et le sens du beau sont contenus dans chacune des strophes de cette tirade d’excellence qui laisse passer un frisson d’émotion lorsqu’on prend la peine de la déclamer en y mettant les formes.

Je viens de vivre un grand moment en compagnie de cette tirade et je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager mon émotion à la lecture de cette œuvre ainsi qu’à la réponse que j’ai offerte à mon amie Yolande ayant manifestement le sens du beau chevillé à l’âme.

Merci Yolande.

Ecrivainparisien

 

 


Avoir et Etre

 

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m’enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.

Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Etre étaient deux frères
Que j’ai connus dès le berceau.

Bien qu’opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu’Avoir aurait voulu être
Etre voulait toujours l’avoir.
A ne vouloir ni Dieu ni Maître,
Le verbe Etre s’est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu’Etre, toujours en manque.
Souffrait beaucoup dans son ego.

Pendant qu’Etre apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.

Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu’Etre, un peu dans la lune
S’était laissé déposséder.

Avoir était ostentatoire
Lorsqu’il se montrait généreux,
Etre en revanche, et c’est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe affaires.
Il met tous ses titres à l’abri.
Alors qu’Etre est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.

Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l’esprit.
Le verbe Etre est tout en pudeur,
Et sa noblesse est à ce prix.

Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.

Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.

Le verbe Avoir a besoin d’Etre

Parce qu’être, c’est exister.
Le verbe Etre a besoin d’avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.

Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.


Joli non ?

Ce texte mérite d’être transféré largement !
Vive la langue française !

 

Oublie ton passé,

qu’ il soit simple ou composé,

participe à ton présent

pour que ton futur

soit plus-que-parfait…

 

 

Merci à toi, Yolande, amatrice de beau !

Je viens par cette bien modeste réponse te remercier

Tu fais danser le coeur avec ce texte de belle pureté

L’émotion est inscrite à chaque strophe si bien posée

Je ne peux qu’applaudir, le résultat se pare de beauté

Ce joli texte est un régal à lire ou bien a déclamer

Le frisson passe devant le poids des mots ici alignés

Cette remarquable tirade reste d’une grande volupté

Il est dommage que l’on ne sache à qui l’attribuer.

 

Ecrivainparisien 4 novembre 2011

 

 

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Impromptu

La chronique de Jean Claude Lataupe

Billet n° 1223


 

La citation de la nuit, choisie pour vous par Ecrivainparisien : « Les saisons sont ce qu’une symphonie devrait être : quatre mouvements parfaits en harmonie intime les uns avec les autres. » [Arthur Rubinstein], pianiste (1887-1982)
Extrait de My young years

Guy Carriau, mon professeur de musique et de chant choral

 

Impromptu

 

« Music for a while » [Musique pour un moment] Henry Purcell (Alfred Deller)

 

Cette nuit j’ai apprivoisé pour vous sostenuto, glissando et autres pizzicati, le tout interprété rubato pour faire vibrer en vers, grâce aux soies d’un archet colophané, l’âme de la corde.

Le résultat de cette symbiose se nomme « Impromptu » et peut s’interpréter « molto allegro » et être entendu et surtout perçu « sublimissime »…

 

Ecrivainparisien

 

 

Impromptu

 

 

Tu es délicate et sublime comme l’Andante du vingt et un

Tu transcendes la partition y multipliant les chants divins

Tu es bouleversante comme peut l’être le Trio opus cent

Tu es beauté mystique à l’égal d’une œuvre de Messian.

 

Tu as la vie et la couleur de cette Espagne de Chabrier

A l’instar de cette rhapsodie chatoyante tu me fais vibrer

Tu possèdes magie de la musique des Lumières de la ville

Tu demeures indomptable comme la Symphonie des mille.

 

Tu te mues en Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont

Mon âme vibre, devenant alors table d’harmonie de violon

Ton sourire, c’est le grand Haydn qui entre en ma maison

Tes rires et c’est Floria Tosca qui chante alors au balcon.

 

Tu es Mimi ou Manon, ces héroïnes belles et émouvantes

Tu ne deviens jamais Walkyrie, infiniment trop effrayante

Tu fais venir mes larmes aux yeux quand j’entends ta voix

Tu demeures imposant monument musical générant l’émoi.

 

  Ecrivainparisien 8 juillet 2008

 

 

Lexique

Andante du 21 : second mouvement du Concerto pour piano n° 21 de Mozart

Trio Opus 100 : Franz Schubert

Olivier Messian ou Messiaen : Compositeur français (1908-1992)

Espagna : Rhpasodie d’Emmanuel Chabrier (1841-1894)

Les lumières de la ville : Film de Charles Chaplin (1889-25 décembre 1977)

La Symphonie des Mille : Gustave Mahler (1860-1911)

Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont : Marin Marais (Tous les matins du monde)

Franz Joseph Haydn : Compositeur autrichien contemporain de Mozart (1732-1809) a composé 104 symphonies, toutes numérotées et ayant reçu "nom de baptême" (Le matin, Le midi, Le soir, les adieux, Le philosophe, L’horloge, etc.) Mozart et Haydn s’admiraient mutuellement.

Floria Tosca : héroïne de l’Opéra de Giacomo Puccini, créé le 14 janvier 1900 à Rome.

Mimi : héroïne de "La Bohème" du même compositeur (opéra poignant comme presque tous les opéras italiens)

Manon : autre héroïne d’un autre opéra du même compositeur.

La Walkyrie : l’un des opéras composant la Tétralogie  de Richard Wagner ( L’anneau du Nibelung, appelé chez nous La Tétralogie se compose d’un Prélude et de trois actes se donnant en quatre journées au Théâtre de Bayreuth, construit spécialement suivant les plans de Wagner : L’Or du Rhin, La Walkyrie, Sigfried, Le Crépuscule des Dieux-un monument à tous points de vue)

Jordi Savall, Hesperion XXI


Guy Carriau, mon regretté professeur de musique et de chant choral

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