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Archive for juin 2012

Les chroniques de Montigny

Billet n° 1713

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Les Gueules noires

 

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J’ai récemment reçu un très beau diaporama composé de photographies en noir et blanc montrant, avec beaucoup de réalisme le monde des mineurs de charbon au début des années 1900 dans ce qu’on avait coutume d’appeler le « bassin minier », cette région du Nord Pas-de-Calais dans laquelle les dernières mines de charbon ont fermé leurs puits il y a bien des années maintenant.

Il ne reste plus aujourd’hui, dans cette région industrielle sinistrée, que les machineries rouillées des puits de mine, les corons ainsi que les terrils pour témoigner d’une activité industrielle ayant été l’une des plus importantes de France au siècle dernier.

Quand je pense « mineurs » il me vient instantanément des mots forts à l’esprit : gueule noire, entraide, cliques et fanfares et silicose mais aussi un mot redoutable étant en fait un nom, celui d’un gaz et ce gaz c’est le grisou. Ce grisou, presqu’aussi redoutable que le tristement célèbre « gaz moutarde », autrement dit l’ypérite a fait des centaines de veuves dans le bassin minier du Nord Pas-de-Calais et continue d’en faire dans les pays ayant encore des mines de charbon en activité (Pologne, Russie et autres pays de l’ancien « empire » soviétique)

Le métier de mineur est physiquement l’un des plus pénibles qu’il soit comme les quelques images d’époque exposées ici le montrent et rares sont les mineurs ayant atteint l’âge de la retraite. Ils mouraient tous, victimes de la redoutable et insidieuse silicose.

Au début du siècle dernier beaucoup d’étrangers sont venus en France pour travailler à la mine, notamment des polonais. La France avait besoin de bras et ne regardait pas la couleur de la peau de ses travailleurs ; n’en déplaise aux racistes, fascistes et autres xénophobes de tous poils. Tous ces travailleurs se sont parfaitement bien intégrés en France, apportant avec eux une diversité appréciable et appréciée tout autant que des valeurs morales réelles ayant tendance à s’estomper, voire à disparaitre aujourd’hui, comme la conscience professionnelle, le respect de l’autre ainsi que l’amour du travail bien fait.

Dans le bassin minier des années 1900 il y avait beaucoup de cliques et de fanfares et rares étaient les « gueules noires » n’étant pas musiciens. Chaque année Sainte-Cécile, la Patronne des musiciens était dignement fêtée et honorée et continue de l’être de nos jours, tout comme Sainte-Barbe, la Patronne des mineurs mais aussi des sapeurs tout autant que celle des Armes du feu, pompiers et artilleurs, entre autres.

Il ne faut pas oublier non plus, lorsque l’on parle « bassin minier » d’évoquer les « couloneux », ces passionnés de pigeons voyageurs qui se livrent des joutes pacifiques par pigeons interposés ; nombres de pigeons voyageurs devraient d’ailleurs, ou plutôt auraient du être « décorés » pour services rendus, notamment au cours de la Grande guerre puisque ces animaux, au sens de l’orientation hors pair, ont servi d’agents de liaison, transportant, dans un petit tube fixé à l’une de leurs pattes des messages d’une importance parfois capitale, messages dont l’application a considérablement modifié le cours de la guerre.

On dit qu’en France tout commence et tout finit par des chansons et ce petit article n’échappera pas à la règle puisque je vais « refermer » ce livre d’images avec la très belle chanson composée et interprétée par Pierre Bachelet qui parle, mieux que quiconque des « corons », ces cités minières de briques rouges alignées au cordeau qui sont l’un des symboles du pays minier tout autant que les terrils, ces montagnes artificielles faites de résidus extraits de la mine.

Ecrivainparisien

24 juin 2012

 

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Les Corons

Pierre Bachelet

 

{Refrain:}
Au nord, c´étaient les corons
La terre c´était le charbon
Le ciel c´était l´horizon
Les hommes des mineurs de fond

 

P 5

Nos fenêtres donnaient sur des f´nêtres semblables
Et la pluie mouillait mon cartable
Et mon père en rentrant avait les yeux si bleus
Que je croyais voir le ciel bleu
J´apprenais mes leçons, la joue contre son bras
Je crois qu´il était fier de moi
Il était généreux comme ceux du pays
Et je lui dois ce que je suis


P 5

{Refrain}
P 5

Et c´était mon enfance, et elle était heureuse
Dans la buée des lessiveuses
Et j´avais des terrils à défaut de montagnes
D´en haut je voyais la campagne
Mon père était « gueule noire » comme l´étaient ses parents
Ma mère avait les cheveux blancs
Ils étaient de la fosse, comme on est d´un pays
Grâce à eux je sais qui je suis
P 5

{Refrain}
P 5

Y avait à la mairie le jour de la kermesse
Une photo de Jean Jaurès
Et chaque verre de vin était un diamant rose
Posé sur fond de silicose
Ils parlaient de 36 et des coups de grisou
Des accidents du fond du trou
Ils aimaient leur métier comme on aime un pays
C´est avec eux que j´ai compris

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