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Archive for juin 2011

Un grand jour

La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 1474

Un grand jour

Je suis particulièrement ému en ce jeudi 30 juin. La raison en est simple : je suis heureux que nos deux compatriotes journalistes ainsi que leurs trois guides afghans aient été enfin libérés.

J’ai entendu ce matin en direct sur France Info les premières paroles d’Hervé Ghesquière et de Stéphane Taponier de retour chez nous et je n’ai pu contenir mes larmes d’émotion en repensant à ce que j’écrivais, à leur sujet ainsi qu’à celui d’autres otages français, le 31 décembre dernier dans les « Vœux de l’écrivain »

[Je pense aussi en cette toute fin d’année à nos deux journalistes Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ainsi qu’à leurs trois accompagnateurs afghans, séquestrés pour de bien mauvaises raisons, pas véritablement avouables car très éloignées de ce qui fait la grandeur et la noblesse de l’esprit de l’Homme, rappelant en cela le calvaire enduré par Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun, séquestrés eux aussi jadis, tout comme celui de Marcel Carton, Marcel Fontaine, Jean Paul Kaufman et Michel Seurat, tous séquestrés. Mes pensées les plus émues s’en vont vers eux tous ayant énormément souffert ainsi que vers la veuve de Michel Seurat tout comme elles se cristallisent en direction de l’âme de Michel Germaneau, lâchement assassiné, lui aussi il y a quelques mois de cela.]

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont libres et ont retrouvé leurs familles et leurs amis et je suis véritablement heureux pour tous ceux qui sont concernés par ces retrouvailles tout comme je suis heureux pour leurs trois guides afghans ainsi que je l’avais été pour Hussein Hanoun le guide de Florence Aubenas.

J’ai apprécié également la présence à Villacoublay de Patrick de Carolis qui a été leur Président.

Je suis heureux en effet mais ma joie ne me fait pas oublier nos compatriotes encore séquestrés ou portés disparus, car il en reste encore, hélas ! Notamment ma grande amie Karine, journaliste, elle aussi et prisonnière depuis plus de cinq ans d’un ennemi implacable qui se nomme la maladie et dont je suis sans aucune nouvelle depuis près d’un an. J’ai besoin de toi Karine !

Chers Hervé et Stéphane, j’attends maintenant de pouvoir continuer à regarder vos futurs reportages en vous souhaitant, dans l’immédiat, de pouvoir décompresser sereinement auprès de ceux que vous aimez.

Ecrivainparisien

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La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 1473

Constat alarmant

En ce vingt et unième siècle tout neuf, si l’on prend la peine de regarder autour de soi, on peut faire un constat alarmant.
Dans la société d’aujourd’hui on vit mal, on parle mal, on se conduit mal mais aussi on dort mal et on se nourrit mal ; tout autant qu’on ne se soigne plus ou alors mal, par manque de moyens financiers, entre autres.

Aujourd’hui on parle, dans les sphères politiques, de légaliser certaines drogues alors que l’on comptabilise depuis quelque temps déjà un nombre conséquent d’accidents, souvent mortels impliquant des « irresponsables » conduisant sous l’emprise de la drogue et en état d’imprégnation alcoolique manifeste, cela, en supplément ; toutes choses qui s’auto renforcent lorsqu’elles sont mises en présence et dont les effets se cumulent et s’amplifient dans ce cas précis.

Aujourd’hui, dans les grandes villes, les trottoirs, à l’origine réservés aux piétons, sont pris d’assaut, à toute heure, par les scooters, les motos, les vélos mais aussi les skates boards, tout autant que par les mobylettes des livreurs de pizza, de sushi, voire de sandwichs « grecs » qui empruntent ceux-ci en sens interdit, parfois à grande vitesse au risque de renverser des piétons, voire des enfants, le plus souvent pour le simple plaisir de « gagner du temps ».

Aujourd’hui on jalouse et envie son voisin de palier au prétexte qu’il vient de s’acheter une grosse berline, voire un 4×4 ou bien qu’il est parti très loin en vacances ou bien encore qu’il porte de beau vêtements pour susciter l’envie ou bien encore pour « épater la galerie »

Aujourd’hui encore on peut voir d’incroyables files d’attente aux heures de repas s’étirer devant des boulangeries transformées en « restaurants rapides » avec parfois tables et parasols installés sur les trottoirs ; boulangeries qui reversent aux services concernées une TVA à taux réduit, soit dit en passant, alors que les restaurants traditionnels reversaient encore récemment, eux, une TVA au prix fort.

Toujours aujourd’hui, il suffit d’ouvrir un quotidien à la page « faits divers » pour y voir régulièrement des articles traitant de crimes et de viols sordides commis quelquefois par des récidivistes relâchés récemment. Aujourd’hui, pour certains individus, la vie vaut bien peu de choses puisqu’on assassine par contrat pour une poignée d’argent sale tout autant que l’on agresse aussi pour un simple regard, voire pour quelques paroles malheureuses.

En ce vingt et unième siècle on voit sur les trottoirs, assis sur des cartons, des gens tendant et agitant une main tenant une timbale de carton sale faire la « manche » en ayant l’outrecuidance de vous dire qu’ils travaillent ; ces individus, pas toujours propres sur eux, parlant pas ou peu le français, parfois en situation irrégulière récupèrent régulièrement jusqu’à 50 euros par jour, non déclarés, bien sur !

Aujourd’hui l’argent n’a plus aucune « odeur » et on attribue allègrement à des gens venant de très loin des licences d’exploitation de commerces alors qu’ils ont du mal à comprendre le sens des documents qu’ils signent ; l’argent qu’ils déposent les légitimisant aux yeux de l’administration même si cet argent n’a pas une provenance « traçable »

Aujourd’hui il n’est pas rare d’entrer dans un commerce et d’avoir le sentiment de « déranger » voire de perturber ; les formules de politesse faisant place, dans ce cas là, à des remarques quelquefois désobligeantes si vous sortez des « sentiers battus »

Puisque j’en suis à parler « commerce » suivez moi donc je vous invite à prendre un café dans un bar tabac de mon quartier que je fréquente de temps en temps. On voit devant les portes de l’établissement des groupes d’individus enfumer le trottoir ; rien de très original me direz-vous et vous avez raison car depuis un moment il est dorénavant strictement interdit de fumer à l’intérieur d’un établissement recevant du public.

Cependant, à partir d’une certaine heure tardive, on voit couramment le patron de l’établissement entrer et sortir régulièrement de son bar la cigarette à la bouche au mépris absolu de la loi tout comme j’y ai vu quelquefois des clients en galante compagnie attablés au fond de la salle et fumant couramment durant au moins une heure ; et le phénomène n’est pas marginal ni isolé car pas plus tard qu’hier soir dans une grande brasserie j’ai vu le serveur ainsi que la patronne et un client fumer à l’intérieur de l’établissement.
J’ai constaté le même phénomène dans plusieurs autres établissements à des heures avancées de la soirée.

Quel dommage que je ne sois pas fonctionnaire de police car j’aurais pu dresser trois ou quatre procès verbaux pour infractions à la loi sur l’interdiction de fumer avec une mention spéciale pour les patrons qui cumulent les infractions puisqu’ils fument en tant que client mais ils sont également patrons et ont donc droit à une double amende !

Dans ce cas précis j’aimerais que la règle du cumul fonctionne et que les patrons contrevenants écopent d’une amende supplémentaire puisqu’il y a cumul.

Aujourd’hui il est courant d’être dévisagé de manière insistante si vous avez le malheur d’oser regarder quelqu’un dans les yeux.

Aujourd’hui il est rare de croiser dans la rue des gens souriant, tout autant que dans les transports en commun. Les visages de bien des personnes aujourd’hui sont fermés et hermétiques, ne laissant transparaitre que les soucis dont ils sont victimes, parfois par leur faute.

Aujourd’hui on peut voir des « gamines » de 12 ou 13 ans, livrées à elles mêmes, trainer dans la rue à une heure à laquelle elles devraient normalement être couchées. Elles se prennent pour des femmes au prétexte qu’elles commencent à prendre des formes et testent leur « pouvoir de séduction » sur la gent masculine.

Dans le même ordre d’idée on rencontre tous les jours dans la rue de jeunes femmes, encore enfants, qui arpentent les trottoirs en se déhanchant, vêtues de manière provocante pour ne pas dire agressive et qui tirent sur leur trop courte jupe lorsqu’un homme porte son regard sur leurs jambes. Si elles portaient des tenues un peu plus décentes elles n’auraient nul besoin de le faire.

Il est bien d’autres manières de susciter l’intérêt !

Que faire pour enrayer ces phénomènes ? Comment arrêter le train en marche ? J’avoue être inquiet, à juste titre quand je me rends compte que nombre d’adultes, parents d’enfants ont depuis longtemps baissé les bras laissant leur rôle d’éducateurs au corps enseignant alors que la mission de celui-ci est d’enseigner, aucunement d’éduquer.

Je suis inquiet de constater qu’un nombre conséquent d’adultes n’est pas en mesure d’assimiler la teneur d’un texte simple.

Je suis inquiet du fait que près de 15% de jeunes adultes ne savent ni lire ni écrire.

Je suis inquiet, oui ! Inquiet en observant que les effectifs du corps enseignant ne cessent de baisser d’année en année ; que la moitié des postes, tenus par des fonctionnaires affectés au service public d’Etat et admis à faire valoir légitimement leurs droits à retraite ne seront pas reconduit ; que nombre de médecins refusent de recevoir et de soigner des personnes titulaires de la CMU ; que plus d’un français sur trois, en moyenne, en âge d’aller remplir son devoir électoral ne se déplace pas lors des différentes consultations qui auront, directement ou indirectement, un impact parfois non négligeable sur son avenir proche ou plus lointain.

J’évoquais ce matin la teneur de cet article pour une personne que je vois tous les jours sur son lieu de travail. Lorsque j’ai parlé de drogue cette personne m’a répondu qu’elle était pour la légalisation de la drogue ; cela va permettre, disait-elle, de casser le marché des « rebeux » et des « renois » (sic)

Je pense personnellement que le trafic de drogue continuera d’exister même si l’usage de certaines drogues est toléré et légalisé. Il risque même, à mon sens de s’amplifier mais là est une autre histoire.

Je disais à cette personne qu’elle était quelque peu irresponsable dans son jugement, tout simplement parce qu’elle ne se sent pas concernée par ce problème qui ne la touche pas directement.

Si, comme certaines mamans, elle avait perdu sa fille, ce que je ne souhaite nullement, fauchée par une voiture conduite par un irresponsable sous l’empire de la drogue, je crois qu’elle aurait, sans aucun doute un raisonnement totalement différent. Mais comme beaucoup de personnes aujourd’hui elle se comporte en égoïste et ne se sent pas concernée par ce qui ne la touche pas directement.

Nous touchons là du doigt l’un des problèmes de notre société : beaucoup de gens sont devenus indifférents au malheur des autres et ne regardent plus le monde qui les entoure, emmurés qu’ils sont dans leur petit cocon protecteur.

Ecrivainparisien

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La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 1472

Vœux d’anniversaire

Ma chère amie,
Dieu qu’il m’est agréable de prendre une fois encore la plume pour t’écrire quelques mots venant du cœur !

Chère Marie-Jeanne, tu sais ce que je vais te dire puisque, dans quelques heures, tu vas être la reine pour une longue et belle journée.

T’en souvient-il de ce texte rédigé par ma plume que tu avais attribué à Victor Hugo ?

Ce très beau compliment avait, à l’époque, flatté mon égo et m’avait fait verser des larmes d’émotion !

Ma chère camarade de classe, que de souvenirs en commun avons-nous enfermés à jamais en nos cœurs : ceux d’un Monsieur Morizet, écrivant au tableau, les doigts maculés de craie, tout autant que l’était sa blouse grise. C’est un peu, grâce à lui que nous avons tous réussi notre BEPC et ceux d’un Monsieur Carriau « armé » de son violon et de son électrophone qui a su parler à nos cœurs en nous apprenant et en nous faisant toucher du doigt que la musique est un des rares langages universels. Quels grands professeurs nous avons eu la chance d’avoir dans ce modeste CEG Louis Pasteur !

J’ai une grosse boule dans la gorge en ce moment, Marie-Jeanne et j’aimerais tellement pouvoir revenir en arrière et te souhaiter un joyeux quinzième anniversaire !

Aujourd’hui nous avons plus ou moins bien rempli notre vie mais nous avons en nous un bagage ainsi que des valeurs fondamentales tout autant que spirituelles que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre comme le chantait jadis Charles Aznavour.

Et tout cela nous le devons en partie à ceux dont le métier était d’enseigner et de faire que les élèves que nous étions retiennent la leçon.

Merci à eux, tout autant qu’à toi d’avoir été les témoins de ma vie.

Bien chère Marie-Jeanne, je te souhaite du fond de mon cœur meurtri un joyeux anniversaire et j’espère être là l’an prochain pour renouveler ma petite page d’écriture en pensant à Madame Marcantoni qui serait dans l’obligation de me mettre une très bonne note pour ce petit travail de création, moi, l’élève brillant qui avait, parait-il, besoin d’un coup de brosse à reluire !

Bien à toi.

Ecrivainparisien

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La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 1471

Le conteur

En ce dimanche ensoleillé je vais vous parler d’un homme que j’ai rencontré récemment « Chez Jean », le café épicerie dans lequel je travaille tous les jours.
Ancien parisien, reconverti en « régisseur intendant », Lionel est un homme plein de ressources qui a maintenant la chance de vivre en province sur un domaine extraordinaire ; un domaine sur lequel il a l’œil à tout.
Bricoleur de génie tout autant qu’opiniâtre, il ne laisse jamais un travail en plan et se fait un point d’honneur à le terminer tout en veillant à gérer au mieux les crédits dont il dispose.
Nous avons parlé de longues heures de diverses choses et la conversation a été plus qu’enrichissante pour lui tout comme pour votre serviteur car Lionel est un homme captivant qui a su me décrire, mieux qu’aucun guide touristique ne saurait le faire, le petit coin de paradis dans lequel il a la chance de pouvoir vivre depuis quelque temps maintenant.
A l’écouter, captivé, je voyais défiler devant mes yeux le paysage qui lui est familier et dans lequel il se sent bien.
Je voyais les chevreuils et les lapins mais aussi les sangliers, j’entendais le chant des oiseaux le matin lors de l’éveil de la nature ainsi que le clapotis de la source qui coule en ce lieu féérique. J’admirais, s’offrant à mon regard émerveillé la montagne, devant moi avec son volcan, le plus jeune d’Europe ; je sentais l’air vivifiant des hauteurs qui caressait ma peau. J’ai pensé, en l’écoutant que j’étais dans ce paysage, acteur malgré moi, les sens en éveil, dégustant avec appétit ce que la nature m’offrait gracieusement : le crissement des cigales, l’aboiement des chiens dans le lointain, le clapotis de l’eau claire et pure de la source du lieu, le figuier de la terrasse, le bruit des châtaignes touchant le sol en tombant à l’automne.
A la manière d’un Chabrol, le conteur cévenol réputé, il a su me dépeindre le site sur lequel il vit et évolue et dont il a la garde et j’avoue qu’il m’a fait rêver, moi le citadin prisonnier d’un univers de béton ; un univers impersonnel, presqu’inhospitalier dans lequel la pollution de l’air vous pique parfois le nez ; dans lequel certaines odeurs vous prennent à la gorge et dans lequel les gens portent sur vous un regard absent, presque transparent.
Durant un moment, un très long moment, j’étais assis sur la grande terrasse, à côté d’un figuier, à mille lieues de Paris et de son brouhaha continuel, devant la montagne, à regarder la nuit tomber doucement et envelopper le site faisant fondre par absence de lumière le volcan qui renaitra demain matin aux premières lueurs de l’astre solaire.
Merci Lionel de m’avoir offert ce beau voyage en pensées que j’ai tenté ici de faire vivre pour les lecteurs du forum.

Ecrivainparisien

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La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 1470

Les pieds dans le plat

La malédiction : Histoire véridique des grandes lignes de ma vie

Amis lecteurs,

J’arrive à un âge auquel on éprouve le besoin de regarder en arrière pour faire le point et le bilan d’une vie, sa vie, avec ses constats, ses satisfactions mais aussi ses échecs. Un âge auquel on ressent l’envie de se confier, à quelqu’un, à des amis, réels ou virtuels généralement, ou bien à d’autres personnes.

Je vais tenter de retracer, pour vous, une partie de ma vie dans ses grandes lignes. Je vais vous expliquer un certain nombre de choses que j’ai vécues, parfois endurées et que je subis encore pour ce qui concerne mes drames.
Je suis né il y a un peu plus de 60 ans dans un bourg de la Haute Vienne. Pour la petite histoire ma mère m’a mis au monde dans le lit dans lequel elle a elle même vu le jour.
Ce n’est déjà pas banal comme arrivée dans ce monde.
Dans la France profonde d’il y a un peu plus d’un demi siècle il n’y avait pas de maternité, de clinique, d’hôpital dans les campagnes et les médecins accoucheurs étaient quasiment inexistants. La noble mission de faire naître les enfants incombait aux sages-femmes qui étaient, à l’époque, irremplaçables et le restent encore de nos jours malgré les progrès de la science.

Mon enfance n’a pas été rose comme on dit couramment.
J’ai subi, de la part de mon père, jusqu’à l’âge de 4 ou 5 ans, coups, privations et vexations ainsi que quantités de choses désagréables qui ne m’ont pas donné l’envie de m’épanouir.
Dans mon subconscient j’ai toujours craint mon père et cela jusqu’à un âge avancé.
De lourdes images restent encore au fond de ma mémoire comme celle d’un certain dimanche au cours duquel ma mère, ayant fait trop cuire un gigot, s’est fait insulter, avilir et abaisser de la part de son mari. Il l’a méprisée et traitée comme on ne le ferait pas pour une domestique et cela devant ses enfants. Il a été totalement odieux ce jour là.
Mon père a fait subir à sa propre femme et ses enfants ce qu’il a lui même enduré de son père adoptif, celui qui l’a reconnu.
Ce dernier était un alcoolique notoire. Lorsqu’il rentrait chez lui, ivre, il passait sa colère et sa mauvaise humeur sur cet enfant, qui était pour cet être ignoble, un exutoire, un défouloir et un souffre douleur.
J’ai pardonné à mon père d’avoir agi de la sorte par rapport à sa propre famille lorsque je l’ai vu pour la dernière fois, en 1993.
Pour la première fois de ma vie il ne me faisait plus peur. Il était très amoindri par la longue maladie qui devait l’emporter cinq ans plus tard et lorsque je l’ai revu, après bien des années, un sentiment de peine m’a envahi brusquement et je n’ai pu retenir mes larmes.
Pour en revenir à ma petite enfance je me suis assez rapidement refermé sur moi même. Je me suis senti investi d’une mission d’assistance auprès de ma mère qui était souvent seule pour s’occuper du commerce d’alimentation que mes parents tenaient en qualité de gérants. Mon père était souvent absent. Lorsque je rentrais de l’école, en milieu d’après midi, je m’installais à la table de la cuisine et faisais mes devoirs avec application, rapidement, consciencieusement.
J’aimais beaucoup l’école et j’avais soif d’acquisition, soif de savoir. Je voulais apprendre et, très tôt, je m’étais découvert l’envie d’une vocation, celle d’enseigner, d’apprendre aux autres, de leur faire découvrir, à mon tour, la richesse du savoir. Je voulais être instituteur. Cette noble vocation a cependant volé en éclats quelques années plus tard et je le raconterai sans doute plus avant.
J’en reviens aux devoirs pour dire que, sitôt qu’ils étaient achevés, j’allais au magasin aider ma mère à remplir de petites tâches. Cela dura quelques années durant lesquelles j’allais faire, entre autres choses, les livraisons dans le village que nous habitions.
Les supers marchés et Internet n’ont rien inventé puisque les livraisons à domicile se pratiquaient déjà il y a 50 ans. La notion de service et de commerce de proximité était appréciée à sa juste valeur à l’époque. Il m’est arrivé souvent d’avoir droit à une petite « pièce » en remerciement du service que j’apportais aux clients du magasin. J’ai toujours donné ces « pourboires »à ma mère.
Pour faire les livraisons j’avais un vélo à l’arrière duquel était accrochée une grande remorque. Les livraisons, étiquetées et empaquetées, étaient bien alignées dans cette remorque qui était parfois bien lourdes à tirer lorsqu’on a à peine huit ans et que certaines rues montent à plus de 8 pour cent.
Mon frère cadet qui venait parfois avec moi pour soi disant m’aider ne trouvait rien de mieux à faire que de s’accrocher à l’arrière de la remorque trouvant amusant de se laisser tirer dans les côtes pendant que je pédalais pour faire avancer l’attelage. Nos premières « bagarres » remontent à cette époque. Les choses ont bien empiré depuis.
J’ai souvent obtenu de bonnes notes à l’école. Je faisais partie des élèves disciplinés et travailleurs. Comme je l’ai écrit plus avant j’aimais beaucoup l’école et j’adorais apprendre.
Je voulais devenir instituteur. En classe de troisième j’avais demandé à présenter le concours d’entrée à l’école normale d’instituteurs. Nous étions 3 élèves à nous être présentés pour tenter de réussir ce concours. Le conseil des professeurs s’est réuni pour savoir quel élève devrait avoir l’honneur de représenter notre CEG pour ce concours qui était assez prestigieux à l’époque. Le verdict est tombé comme un couperet : Le collège, qui venait d’ouvrir ses portes, ne pouvait se permettre de subir un échec à ce concours en y envoyant un élève dont il n’était pas certain qu’il puisse réussir à coup sur.
Cela aurait été du plus mauvais effet pour son image de marque.
Le conseil des professeurs a donc décidé d’envoyer Mademoiselle « X », la meilleure élève en français. Pour cette brillante élève ce concours ne serait qu’une simple formalité disait la professeure de français. Les deux autres postulants n’avaient plus qu’à envisager de modifier leurs vocations et leurs souhaits pour la suite de leur parcours faisant ainsi voler en éclats leurs légitimes aspirations.
Le jour du concours arrive et les résultats officiels tombent quelques jours plus tard : Mademoiselle « X » du CEG « Y » n’est pas admise à l’entrée du concours de l’école normale d’instituteurs. Celle ci est recalée pour note éliminatoire en… Français.
Au début des années 60, après les examens scolaires et universitaires, les journaux locaux publiaient les épreuves posées aux candidats des concours et examens. Mon père m’a fait faire la dictée qui figurait au concours d’entrée à l’école normale d’instituteurs. J’ai commis un quart de faute…
J’ai longtemps voulu à mon père de ne pas m’avoir inscrit en candidat libre alors qu’il avait la possibilité de le faire puisque j’étais Pupille de la Nation.
Je ne cache pas que, de ce jour également, j’ai maudis la fameuse professeure de français qui avait dit de moi que je n’étais pas suffisamment bon en cette matière.
Aujourd’hui, avec le recul, cette remarque me fait sourire et je suis bien certain que si cette personne vit encore et qu’elle a pu lire quelques unes de mes œuvres elle doit se sentir honteuse ; enfin je le souhaite.

J’ai obtenu mon BEPC, avec mention, la même année puis j’ai été admis en classe de seconde Technique Mathématiques dans un LTN. J’y ai obtenu le premier prix d’anglais pour l’année scolaire, soit dit en passant. J’ai été admis, pour l’année suivante, en classe de première, toujours en Technique Mathématiques.
A la fin de l’année scolaire j’ai arrêté mes études. J’avais des scrupules à voir ma mère « trimer » et se sacrifier à longueur d’année dans ce magasin pour que mes frères et sœurs ainsi que moi-même puissions continuer nos études
Pour la petite histoire de 12 à 16 ans je n’ai pas pris de vacances scolaires, travaillant durant ces périodes pour gagner un peu d’argent afin de payer mes fournitures scolaires pour l’année suivante.

J’entrai, sans transition, dans la vie active et le monde du travail aussitôt.
J’ai débuté ma carrière professionnelle en tant que visiteur contrôleur du service qualité d’une grosse verrerie qui travaillait pour le groupe Saint Gobain. J’avais en charge le contrôle de conformité des écrans de télévision. Au bout d’une année il m’a été proposé un poste de responsabilité que j’ai refusé, ayant pris la décision de m’engager dans l’armée.
Bien que dispensé de service militaire puisque j’étais considéré comme soutien de famille et me trouvais être Pupille de la Nation je me suis rendu au bureau de recrutement pour souscrire un engagement. Ne voyant pas de réponse revenir du bureau de recrutement j’y suis retourné et me suis entendu répondre que mon dossier s’était perdu. J’ai donc constitué un nouveau dossier et je suis parti un premier avril en direction de l’Ecole d’Application de l’Artillerie à Chalons sur Marne (aujourd’hui Chalons en Champagne)
Je voulais vraiment m’engager pour servir avec honneur et fidélité les armes de la France comme on disait à l’époque mais ce départ me permettait également de quitter la maison familiale et ce père qui nous empêchait de vivre et de nous épanouir normalement.
J’étais heureux lorsqu’il a signé l’autorisation de mon départ pour l’armée.
A l’issue de ma formation militaire initiale j’ai choisi de servir au 1er Régiment d’Artillerie, basé à Nevers, régiment illustre dans lequel un certain Lieutenant Bonaparte a servi en tant que Lieutenant de tir à la seconde batterie.
Le régiment a été muté à Montbéliard deux ans après mon affectation et c’est dans cette ville franc-comtoise que j’ai fait la connaissance de ma première femme.
Je me suis marié deux fois, une première fois le 6 novembre 1971, avec une femme qui n’avait malheureusement rien pour me retenir. Je l’ai épousée parce que nous avons eu un enfant ensemble et il fallait « réparer » comme cela se disait et se pratiquait à l’époque ; mon père n’aurait pas compris que je ne le fasse pas.
Dès les premiers mois de mariage, alors que nous vivions en Allemagne, les choses n’allaient pas du tout. Ma femme était totalement incapable de tenir sa maison correctement. Je passe sur les détails.
J’avais pris la décision de rompre et je lui ai demandé de monter dans la voiture en lui disant que je la ramenais chez sa mère.
Elle s’est assise sur une chaise et s’est mise à pleurer.
Je ne supporte pas de voir une femme pleurer et j’ai eu pitié ; première erreur d’envergure.
La vie a continué ainsi car j’ai été trop lâche pour prendre les véritables décisions.
Avec le recul je comprends aujourd’hui pourquoi j’ai été si en dessous de tout : par peur !
Peur de me retrouver seul, peur de ne pas retrouver une femme, peur d’affronter la solitude.
La routine s’est rapidement installée dans notre couple.
L’absence de dialogue s’est fait réellement sentir, nous n’avions rien à nous dire malheureusement. Triste constat d’échec !
Ma carrière militaire m’occupait énormément puisque j’ai toujours servi dans des régiments de pointe.
Sur 12 mois j’en passais environ 8 en manœuvres et démonstrations de tous ordres.
Je n’étais pas souvent chez moi vu la vie que je menais par choix et idéal.
Au fil des années nous avons eu 5 enfants.
J’ai quitté l’armée active en 1980 et me suis reconverti, seul, dans une carrière civile.
J’ai œuvré durant 15 ans dans la vente conseil en Haute Fidélité et Vidéo de très haut de gamme.
Là encore il fallait une disponibilité de tous les instants pour assumer ce métier que j’ai adoré puisqu’il était en rapport direct avec la musique.
Durant une quinzaine d’années j’ai travaillé approximativement 15 heures par jour et parcouru environ 80 000 kilomètres par an pour assurer l’installation et le suivi des produits que je mettais en place chez des clients qui devenaient quasiment tous des amis fidèles et m’amenaient au magasin de nouveaux clients qu’il me fallait équiper.
En 1993 un premier bouleversement important est intervenu dans ma vie. Je me suis retrouvé, du jour au lendemain, licencié pour raison économique.
J’ai pris, à ce moment là, la décision de divorcer.
Pendant quelques semaines j’ai dormi à droite et à gauche, j’ai même connu l’hôpital de Nanterre qui a fait l’objet de plusieurs reportages. Il y a eu en ce lieu plusieurs assassinats de SDF.
Puis la descente aux enfers à commencée. J’ai connu les bancs du métro quelque temps.
Heureusement un ancien collègue avec lequel j’ai travaillé durant 3 ans m’a ouvert sa porte quelques jours pour me dépanner.
J’ai retrouvé un travail en consultant les offres proposées par le bureau de reclassement des cadres de l’armée.
J’ai trouvé également un appartement décent. Une vie un peu plus normale s’est instaurée pour moi.
J’ai fait la connaissance d’une femme qui m’a énormément fait souffrir. Nous avons vécu 400 jours ensemble exactement. En 400 jours elle m’a jeté dehors comme un chien 5 fois et m’a supplié de revenir 4 fois. J’ai donc déménagé 9 fois en l’espace de 400 jours.
J’ai rencontré une autre femme avec laquelle j’ai vécu un an puis nous avons décidé de nous marier. Moins de 3 ans plus tard nous nous sommes séparés.
J’ai vécu alors les plus grands moments de ma vie lorsque j’ai rencontré Esméralda.
Je vais essayer de vous expliquer, rapidement, ce qui est arrivé, pour plusieurs raisons : la première c’est que cette histoire est proprement incroyable pour quelqu’un qui ne l’a pas vécue mais la raison la plus importante à mes yeux est que je souhaite vous faire toucher du doigt le poids des drames qui continuent de me faire souffrir et hantent mon esprit, m’empêchant de vivre normalement.

Je vous demande par avance pardon car je sais que je vais sans doute vous faire souffrir également.

Esméralda était professeure dans un collège pas loin de chez moi. Son amie Mélusine, qui est devenue rapidement la mienne également avait une fille de 15 ans et enseignait dans le même collège qu’Esméralda.

Mélusine était en instance de divorce depuis plusieurs années, son « ex mari » trainait des pieds et faisait tout ce qu’il pouvait pour lui mettre des bâtons dans les roues.
Esméralda avait un frère. Les deux mamans se nommaient toutes deux Brigitte. Ces deux familles étaient originaires de la même région (Santander, Espagne), ces deux femmes étaient mariées avec deux messieurs qui exerçaient le même métier (experts comptables) dans la même entreprise. Ils sont partis tous deux à 3 mois d’intervalle, victimes, tous deux, de la même longue maladie.
Esméralda a été victime d’un terrible accident de circulation en rentrant de Normandie où elle était partie donner un coup de main à une copine pour l’aider à déménager.
Sur le chemin du retour sa voiture a été percutée par celle d’un individu qui roulait à plus de 175 km/h.
La voiture d’Esméralda a fait plusieurs tonneaux et elle a failli brûler vive dans l’incendie qui a suivi. Transportée aux urgences d’un grand hôpital parisien, elle a été inscrite en tant qu’anonyme suite à des manipulations de certaines personnes appartenant, directement ou indirectement, au corps médical. Ces personnes agissaient aux ordres de la personne qui avait percuté la voiture d’Esméralda (Le PDG d’une très grosse société qui a tenté de faire endosser à Esméralda les responsabilités de l’accident, en faisant pression sur elle et en lui infligeant des intimidations de toutes sortes)
Esméralda s’est retrouvée paraplégique à la suite de ce dramatique accident mais nous avions pris la décision de nous marier fin décembre 2003, le 27 précisément, jour de mon anniversaire.
J’aurais fait n’importe quoi pour elle. N’importe quoi pour la rendre heureuse et c’est ce que j’ai fait durant les 3 mois qu’ont durés son calvaire insupportable, insoutenable, inadmissible.
En 3 mois elle a été déménagée dans 3 lieux différents sans son accord (Quasi séquestration pour qu’on ne retrouve pas sa trace.)
La retrouver n’a pas été une mince affaire car toutes les personnes qui « s’occupaient » d’elle avaient pour mission (rétribuée par l’équipe du PDG, cela va sans dire mais encore mieux en l’écrivant) de faire l’impossible pour retarder les recherches au maximum.
Elle a été rapatriée la dernière semaine de son hospitalisation dans un centre psychiatrique pour accidentés de la route en région parisienne où elle a subi un traitement digne des camps de concentration. Nous avons une amie qui évolue dans les hautes sphères de l’état et qui l’a fait récupérer par le ministre de la santé. Heureusement pour elle, la pauvre, sinon elle serait morte en ce lieu sordide. Elle est rentrée chez sa maman le 6 septembre mais les traitements qu’elle a endurés, notamment durant la dernière semaine de sa vie, l’ont conduite inéluctablement à la mort.
Le 7 septembre, jour de son anniversaire, elle a dormi toute la journée et une partie du lendemain tant elle était droguée.
Le 9, au cours d’un scanner de contrôle, elle a appris l’insoutenable vérité et les médecins n’ont pas eu le courage de lui dire qu‘elle allait partir incessamment, victime entre autre chose d’une pancréatite aigüe…
Dans la dernière lettre qu’elle m’a écrite elle m’a dit : « lorsque j’ai su j’ai de suite pensé à toi mon amour en demandant combien de temps il me restait, personne n’a osé me le dire… »

Je fais une pause je ne vois plus clair, veuillez me pardonner.

Son frère m’a expliqué, après sa mort, qu’elle a dit à sa maman « Invite le vite, avant que je parte »
Le 12 septembre vers 18h25 elle m’a appelé pour me dire que la cassette vidéo que je lui avais envoyée s’était coincée dans le magnétoscope de sa maman. Elle paniquait à l’idée de la casser. Je lui ai répondu que ce n’était pas grave. J’étais dans la rue à ce moment là, pas loin de chez moi, je l’entendais mal. Elle m’a dit « Je te rappelle dans 3 minutes mon amour »
J’ai couru comme un fou et monté les escaliers quatre à quatre pour arriver à l’appartement.
Je lui ai envoyé un texto pour lui dire que j’étais arrivé. Il était 18h40.
A 18h50 mon portable a bipé, je me suis dit que c’était elle.

Lorsque j’ai ouvert le message j’ai lu ce qui suit : Monsieur je suis le frère d’Esméralda. J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Elle vient de nous quitter définitivement. Mais pas dans notre cœur, JAMAIS ! Elle a juste eu le temps de nous dire de vous prévenir qu’elle vous et nous aimait. Ma sœur était merveilleuse elle souffrait le martyre et nous remontait le moral. Je posterai la lettre qu’elle vous a écrite. Elle serrait sur son cœur la magnifique peluche que vous lui aviez offerte et m’avait demandé de la mettre dans son cercueil. Merci d’avoir été à ses côtés. Elle vous aimait plus que nous même et méritait votre amour. »

Elle est partie sous les yeux horrifiés de sa maman et de son frère qui a brusquement perdu l’usage de sa voix suite au choc et ne l’a jamais retrouvée jusqu’à sa mort le 10 janvier 2004.

Je suis resté tétanisé, pétrifié, atomisé sur la chaise de ma cuisine durant environ 3 heures, je ne me souviens plus très bien. Puis les messages de condoléances et de soutien ont commencé à tomber sur mon portable toute la nuit. Je n’étais plus dans ce monde et je ne sais pas très bien d’ailleurs encore aujourd’hui, 45 mois après, si je ne m’y trouve pas encore.

Esméralda avait annoncé officiellement à toute la famille, rayonnante et radieuse que nous allions nous marier et tout le monde me considérait de la famille à commencer par son frère qui était heureux pour nous deux. Il m’appelait grand frère et moi c’était petit frère, celui que j’avais tant rêvé d’avoir.

Leur maman est tombée dans le coma le 15 et a été évacuée aux urgences grâce à Mélusine qui, devant pressentir quelque chose, était passée la voir et l’a trouvée déjà évanouie.

La maman d’Esméralda nous a quittés le 27 octobre après 43 jours de coma. (J’abrège)

La semaine qui a suivi la mort d’Esméralda, Mélusine est venue plusieurs fois à la maison, pour me soutenir.
Elle devait venir me voir le samedi 20 septembre vers 15h pour m’apporter des choses et me prendre avant d’aller chercher le frère d’Esméralda pour que je puisse aller me recueillir devant sa dépouille et lui dire au revoir.
Ne l’a voyant pas arriver j’ai envoyé un texto au frère d’Esméralda pour lui dire que je ne l’avais toujours pas vue.
J’ai reçu un texto vers 18h, envoyé vers 15h (trouvez l’erreur !) dans lequel elle me disait qu’elle serait en retard mais que je ne m’inquiète pas, sa voiture était en panne. Elle attendait le dépannage.
Elle m’a indiqué qu’elle se trouvait sur le boulevard circulaire de la Défense et n’arrivait pas à joindre le frère d’Esméralda. Je lui ai dit que j’allais le prévenir pour qu’il ne s’inquiète pas car il se faisait un sang d’encre. Elle m’a dit « je vois le dépannage qui arrive, à tout de suite !» J’ai prévenu le frère d’Esméralda qui m’a écrit « merci, je pars de suite la chercher » Il était environ 18h30.
A 19h15 j’ai reçu le texto suivant émanant du frère d’Esméralda « Je la vois, il l’a tue »
Je me suis dit sur l’instant « Cette fois il a sombré dans la folie »
Je lui ai écrit, n’y comprenant rien « qui voit qui, qui tue qui ? »
Il m’a répondu 3 minutes plus tard « Un flic a moto vient d’assassiner Mélusine, il l’a écrasée avec sa moto contre sa voiture» (j’abrège, là encore, sur le second traumatisme que nous avons tous enduré, en moins de 8 jours, surtout la fille et la maman de Mélusine)
L’enterrement de Mélusine s’est fait le lundi, avant le délai légal ce qui a attiré l’attention des enquêteurs sur son « ancien mari »

Ce dernier, placé en garde à vue, a avoué avoir saboté la voiture de Mélusine afin qu’elle soit immobilisée.
Les deux personnes qui comptaient le plus dans la vie de Mélusine hormis sa fille et sa maman, le frère d’Esméralda et moi-même, n’avons pas été prévenus, sciemment, par le « mari » de Mélusine, ni du lieu, ni de l’heure, de son inhumation, volontairement.
Le plus incroyable de cette histoire ? Figurez vous que la nuit qui a suivi le décès de Mélusine, son « ex mari » a fait disparaître sa dépouille du cimetière avec la complicité de personnes y travaillant (moyennant paiement).
Son corps restait introuvable. La maman de Mélusine a demandé à son ancien gendre où il l’avait caché il lui a répondu textuellement la chose suivante « J’ai jeté Sœur Teresa dans une fosse elle pourra continuer à s’occuper des autres »
La fille de Mélusine (15 ans, adorable, c’était notre petite fée à tous, la filleule d’Esméralda) n’a pas supporté le choc de la mort de sa maman et ce père indigne qui lui a pourri la vie durant les 15 jours qui ont suivi la mort de sa maman (elle m’a adressé un message dans lequel elle me disait, entre autre chose, que son père n’est qu’un salaud et que sa maman m’aimait beaucoup)
Elle a fait une dépression profonde et a été conduite aux urgences le 3 octobre.
Elle a eu la malchance d’être prise en charge par un interne qui lui a administré une dose mortelle de médicaments. Elle a sombré directement dans le coma 3 (irréversible) et nous a quittés le 5 octobre à 18h40 (à la même heure que sa marraine qu’elle aimait tant)

L’incroyable scénario qui s’était déroulé pour le décès de sa maman s’est reproduit pour la petite fée (séquestration du corps de sa fille par ce père et ce mari indigne)
Nous avons mis 4 mois pour les retrouver. Ils les avaient fait enterrer dans le parc de la propriété de l’un de ses amis. Ils sont tous deux en prison (je vous passe les détails)

Le frère d’Esméralda n’a pas supporté le poids de ses drames, il a en effet vu partir sous ses yeux sa sœur, Mélusine, sa maman et la petite fée. Il s’est éteint le 10 janvier 2004 dans une clinique dans laquelle il se trouvait pour soigner sa profonde dépression.

La maman de Mélusine, brisée par le chagrin, s’est éteinte le 16 avril 2004…

Je reste seul avec de lourds remords, ceux de me sentir responsable de la mort de Mélusine puisque lorsqu’elle est tombée dans le traquenard qu’on lui avait tendu, elle se rendait chez moi.
Je reste seul en effet avec mes souvenirs, mes interrogations, mes remords mais aussi mes regrets. Des sons resteront gravés, de manière indélébile, à tout jamais au fond de ma mémoire : des accords de « Jeux interdits », interprétés par Esméralda ayant à son actif douze années de pratique de guitare classique au conservatoire ; l’air de l’acte 3, scène 2 de « la Traviata » interprété de manière bouleversante par Mélusine, notre Diva à la voix d’or et au timbre de velours.

Depuis cette époque douloureuse ma vie est un désert.

Je ne parviens plus à dormir normalement et passe mes nuits et mes journées à travailler et composer des œuvres que je mets en ligne sur « Le forum de l’écrivain », espace que j’ai créé, il y a vingt mois et que j’ai dédié à Esméralda, Mélusine et sa fille Agatha, notre délicieuse et gracieuse petite fée.
Je ne mange quasiment plus normalement non plus, ayant perdu l’appétit.
Je suis totalement déphasé, déconnecté du monde actuel et je ne vit plus que pour l’écriture et la réalisation de cet espace qui me tient à cœur. En quarante cinq mois j’ai composé plus de 3500 poèmes et écrit 15 livres ce qui représente plus de 4000 pages d’écriture.

Ma noble mission n’est pas terminée et ne s’arrêtera que lorsque je partirai les rejoindre tous.

Dans son message d’adieu, reçu post mortem, Esméralda terminait par ces mots, écrits à mon intention « Continue d’écrire. Ton Esméralda »

Je me dois de ne jamais décevoir son âme si pure, si douce et si belle qui continue de battre en phase avec la mienne.

Le combat continue !

La vie continue en effet et avec elle le combat que je persiste à mener et livrer, jour et nuit malgré les aléas que je subis et endure chaque jour, car les malheurs continuent de m’assaillir, chers lecteurs.
Je n’ai nullement envie de tricher et d’occulter certaines choses, voire de les modifier à mon avantage car je dois vérité et transparence aux lecteurs qui le méritent véritablement.
Je leur dois vérité et transparence en effet et je veux qu’ils connaissent certains détails de ma vie qui expliquent parfaitement la situation qui est la mienne aujourd’hui. Je ne leur cacherai rien ! Je dois respect et considération aux lecteurs qui me suivent pas à pas depuis près de huit ans maintenant.
Commençons par la maladie : j’ai eu un cancer du colon il y a un an et demi. J’ai été remarquablement suivi et traité à l’hôpital Saint-Antoine par le professeur Yann Parc, un homme tout à fait remarquable tout comme le professeur Emmanuel Touboul, chef du service d’oncologie à l’hôpital Tenon. J’ai subi 6 opérations dont une sans aucune anesthésie bien que le chirurgien belge m’avait proposé de m’endormir, l’opération étant douloureuse m’avait-il dit. J’ai refusé et c’est vrai que durant les quinze minutes qu’ont nécessité la réduction de l’éventration de mon colon j’ai « jonglé » et serré les dents. Lorsque j’ai revu ce jeune chirurgien le lendemain matin nous avons parlé et je l’ai félicité pour la qualité du travail qu’il avait réalisé sur moi. Lorsque nous nous sommes quittés il m’a dit « Vous êtes très courageux Monsieur »
J’ai séjourné 10 mois entre l’hôpital et une clinique de soins de suite et je suis définitivement guéri aujourd’hui.
Ce cancer n’est plus qu’un souvenir, pas forcément mauvais d’ailleurs car j’ai rencontré des gens formidables parmi le personnel médical tout autant que parmi les malades qui étaient comme moi dans cette clinique pour soins de suite.
J’ai rédigé, à l’intention des deux professeurs ainsi qu’à leurs équipes respectives un témoignage très émouvant pour leur expliquer et expliquer aux yeux du monde que ces gens sont formidables et que l’on peut guérir du cancer. En lisant mon témoignage le professeur Parc m’a dit, après avoir lu trois phrases « Vous savez que vous vous exprimez remarquablement bien » et de lui répondre « C’est normal, Monsieur, je suis écrivain » Je lui ai expliqué les raisons pour lesquelles je suis devenu écrivain. Il était très ému de m’écouter et le rendez-vous qu’il m’avait accordé ce soir là devait durer 15 minutes mais a finalement duré une heure trente. Il m’a raconté un peu sa vie, nous avons parlé de son père, aujourd’hui à la retraite,, ancien directeur et grand patron de l’hôpital Saint-Antoine tout entier, ce qu’on nomme dans le jargon médical un grand « ponte » Il m’a dit que son père n’avait quasiment plus aucune activité médicale si ce n’est une réunion de temps en temps avec ses confrères du Conseil de l’Ordre des Médecins en qualité de membre d’honneur. Il s’est retiré en Bretagne ou il élève des chevaux dans sa ferme.
Mon témoignage a été jugé digne de figurer dans le « Quotidien du Médecin » car il pouvait faire naître l’espoir dans l’esprit de certains malades et j’avoue que je me sens quelque peu fier de cela.
J’ai dit au professeur Parc que si mon témoignage pouvait donner l’envie de guérir à un malade, seulement un seul malade je n’aurai pas perdu mon temps. Il m’a remercié.
Lorsque je suis sorti de l’hôpital, 10 mois plus tard j’ai retrouvé la structure d’hébergement dans laquelle je me trouvais avant mon hospitalisation. Pour comprendre la raison ou plutôt les raisons pour lesquelles je me suis retrouvé dans ce centre d’hébergement d’urgence il faut remonter quelque temps en arrière, précisément à l’hiver 2007. J’habitais à l’époque un duplex de 70 mètres carrés très bien situé, près de la Défense avec toutes les commodités. Depuis quelque temps le montant de mon loyer devenait quelque peu exorbitant par rapport à mes revenus de l’époque et j’ai été contraint de rendre mon logement me trouvant donc, de ce fait à la rue, un 1er mars.
J’ai fréquenté quelque temps des foyers d’accueils ainsi que des centres d’hébergement d’urgence divers à commencer par l’association des Enfants du Canal située sur le Canal Saint-Martin dont vous avez peut-être entendu parler à la télé lorsqu’Augustin Legrand, acteur et porte parole des SDF a été interviewé à plusieurs reprises par des équipes de journalistes. Je me suis retrouvé deux mois plus tard au Cœur des Haltes une structure d’hébergement d’urgence située sous une chapelle tout près de la gare de Lyon et j’y suis resté 10 mois je crois. Bien que sans domicile je continuais à travailler avec mon ordinateur plus de 10 heures par jour. Je me connectais dans les cafés équipés de Hot-Spots et je mettais mes textes en ligne. Pendant quelques mois j’avais élu « domicile » dans une brasserie, pas loin de la gare de Lyon et j’avais sympathisé avec les patrons. Un samedi matin la patronne me demanda de venir avec elle. Je la suivis et nos pas nous amenèrent au dessus de la brasserie où il y avait un appartement de trois pièces, appartement habité jadis par les anciens propriétaires de la brasserie. Les nouveaux patrons ne l’occupaient pas et avaient transformé l’une des pièces en bureau, la seconde pièce avait été aménagée en chambre pour permettre à un des membres du personnel de dormir sur place les jours de grèves et la troisième pièce servait de débarras pour ranger tables et chaises de la terrasse ainsi que certains autres objets. La patronne, en apparence compatissante face à ma situation, m’a donc proposé d’enlever ce qui se trouvait dans la pièce servant de débarras et d’y installer un lit, une table et deux fauteuils transformant ainsi cette pièce en chambre et bureau et de me la louer si j’acceptais sa proposition.
Elle ajouta que cette pièce se trouvant être incluse dans un bail commercial elle ne pouvait pas me la sous-louer ni me fournir de quittances de loyer, pas plus qu’elle ne pouvait établir de bail. Je lui ai dit que si le tarif n’était pas trop élevé je lui louerais sans doute la pièce mais que le dit tarif ne devrait pas dépasser 400 euros puisque je n’allais pas pouvoir toucher d’allocation logement dans la mesure où je n’aurais pas pu présenter de justificatifs de paiement auprès des services chargés d’attribuer les allocations logement.
Elle me donna réponse en fin de matinée : elle avait donc fixé le montant du loyer et ce montant était de 400 euros. J’ai finalement accepté et j’ai emménagé de suite.
Je payais régulièrement mon loyer, rubis sur l’ongle et au bout de 11 mois, le 1er mars 2009, précisément, le patron m’a dit «barre toi on ne veut plus de toi» J’ai refusé en lui disant qu’il ne pouvait pas me mettre dehors avant le 15 mars, date de fin de la trêve hivernale. Je lui ai dit qu’il devait connaitre les lois. Il n’a rien répondu et je lui ai rendu les clés le 13 mars mais durant ces treize jours il m’a mené la vie dure, me coupant le courant le premier soir m’empêchant par la même de pouvoir travailler puisqu’il avait coupé le courant et avait sécurisé son Hot-Spot m’empêchant ainsi d’accéder à Internet. J’étais dans le noir la nuit venue. Le second soir, en rentrant dans ma chambre je constatai que la patronne avait récupéré ses oreillers et le troisième soir mes draps avaient disparu. Le quatrième jour le patron, que j’ai surnommé « Ténardier » dans mes écrits en référence aux Misérables, l’œuvre intemporelle deVictor Hugo, menaça de mettre toutes mes valises sur le trottoir si je ne quittais pas les lieux immédiatement. Je suis allé au commissariat du 12eme arrondissement pour établir une main courante contre ces deux individus de la pire espèce.
Mais ce que ces personnes sans cœur, pratiquant une « religion » basée entièrement sur l’argent ne savaient pas c’est que malgré le fait que je sois à la rue il me reste quelques amis fidèles qui apprécient l’homme que je suis, à savoir une grande amie journaliste politique à France 2 ainsi qu’une certaine Isabelle Debré, sénatrice des Hauts-de-Seine, fille de Jean Louis Debré, ancien président de l’Assemblée Nationale. Mon amie journaliste a lancé contre ces profiteurs de misère une enquête journalistique conjointement avec un contrôle fiscal de la part des services de Bercy. Mes « Ténardier » ont été placés en VASF (vérification approfondie de la situation fiscale) et les services de Bercy les ont contrôlés durant plusieurs mois. Isabelle Debré, pour sa part, a appelé ce « Ténardier » des temps modernes en le menaçant d’une enquête parlementaire s’il mettait mes valises sur le trottoir. Il a prit peur et n’a finalement pas mis sa menace à exécution.
Pour résumer la situation sa brasserie a écopé d’un certain nombre de désagréments : une obligation d’augmentation du capital social de la SARL de la part des services de Bercy, un contrôle technique de conformité du local que je louais, un contrôle sanitaire, un contrôle par les services du Ministère de travail pour des irrégularités constatées dans l’embauche de certains des personnels, non déclarés ou travaillant au « black », ainsi que pour la non application de certaines directives dans les contrats de travail, etc.
Pour résumer le côté financier de l’affaire : entre les amendes infligées pour dissimulation de recettes (mon loyer) et l’inévitable redressement fiscal, l’addition s’est montée à 150 000 euros, payable de suite.
Voici donc les quelques raisons qui font que je me suis retrouvé à la case départ le 13 mars 2009, à savoir le centre d’hébergement d’urgence sous la chapelle, près de la Place Fresnay.
En juin je ressentis des douleurs persistantes dans l’abdomen et je continuais malgré tout à travailler mais au fil du temps les douleurs devenaient presque insoutenables. Je connaissais le nom du mal qui me terrassait et je n’eus pas besoin de médecin pour lui donner un nom : cancer.
J’avais décidé de ne pas consulter et de continuer comme ça jusqu’à ma mort qui serait sans doute intervenue rapidement ; la disparition de mes amies m’a tellement abattu que l’idée de partir les rejoindre ne m’effrayait plus. J’avais perdu le goût de vivre puisque j’étais devenu un marginal et je n’avais plus personne dans ma vie. Mais l’instinct de survie ainsi que les douleurs devenant insupportables, en particulier la nuit puisque j’étais contraint d’aller aux toilettes entre 10 et 20 fois par jour m’ont finalement décidé à consulter. J’ai également été convaincu de le faire grâce à une véritable amie qui m’a dit « Va consulter, je tiens à toi » et je crois que cette petite phrase a tout déclenché en fait.

Le médecin généraliste que j’ai consulté courant septembre s’est d’ailleurs lamentablement planté sur son diagnostic alors que je venais de lui expliquer les symptômes que je ressentais et que je lui avais fait une analyse de mon mal en lui disant pour conclure : « je pense que j’ai un cancer » Il m’a dit « Mais non, ne dramatisez pas ça peut être beaucoup moins grave… Etc. » Il a pratiqué un toucher rectal et m’a simplement dit qu’il trouvait que j’avais une prostate un peu grosse. En fait, ce qu’il pensait être ma prostate était ma tumeur en réalité.
Il m’a tout de même envoyé chez un de ses confrères, spécialiste et celui-ci ne s’est pas trompé, lui. Lorsque je me suis assis sur la chaise en face de lui après qu’il eut procédé à un nouveau toucher rectal et qu’il me dise brutalement « Vous avez une tumeur rectale » j’ai cru prendre un poids de quinze tonnes sur la tête. Je lui ai alors dis « Combien de temps me reste-t-il à vivre, docteur ? » avec une grosse boule dans la gorge. Sa secrétaire et lui-même ont émis des mots rassurants à mon endroit. Soudainement j’ai pris le taureau par les cornes et je me suis lancé mentalement à moi-même « Saloperie de crabe tu n’auras pas ma peau » Je me suis répété cette phrase des centaines de fois en 10 mois.
Le docteur Andréani, puisque tel est son nom, m’a prit tous les rdv nécessaires et s’est occupé de tout, vraiment tout et m’a mis entre les mains de gens compétents : le professeur Parc, donc et le professeur Touboul, comme cités plus avant.
J’ai terrassé mon cancer grâce à un mental en acier forgé faisant ainsi l’admiration de tous, surtout des personnels médicaux s’étant occupé de moi. L’un des médecins m’ayant suivi m’a d’ailleurs dit « Si tous les malades étaient comme vous qu’est que les choses seraient plus faciles pour nous »
J’ai quitté la clinique en juin 2010 et j’ai déjà subi plusieurs visites de contrôle depuis cette date, visites auxquelles je suis assujetti durant 5 ans je crois à raison de trois visites par an.
A l’instant auquel j’écris ces lignes tout est parfait ; toute trace de cellules malades a disparu de mon organisme et cette « sale bête » n’a pas semé de métastases dans mon organisme.
J’ai donc retrouvé la « chapelle » en sortant de la clinique en juin de cette année. J’y ai dormi encore quelque temps. En octobre l’assistante sociale de secteur m’a convoqué en me disant qu’elle avait trouvé une structure mieux adaptée à ma situation et elle m’a proposé cette structure qui se nomme « Maison Blanche ». Etant curieux j’ai accepté tout en faisant observer que les services sociaux avaient tout de même mis près de deux ans pour trouver quelque chose d’adapté à ma situation. Elle m’a répondu que j’étais un privilégié et qu’il était très difficile de bénéficier d’une place dans cette structure. Un privilégié, moi ? Que nenni !
Vous allez très vite comprendre, chers lecteurs que je n’aurais jamais dû faire confiance à cette assistante sociale qui m’a d’ailleurs avoué quelques jours plus tard qu’elle n’avait pas même visité la structure en question mais que Nadège, l’une des travailleuses sociales du secteur lui avait soufflé dans l’oreille qu’elle pensait que cette structure était faite pour moi, à croire qu’elle avait été créée spécialement pour la circonstance.
Laissez moi vous décrire en quelques phrases cette « Maison Blanche » Cette structure se trouve à Neuilly sur Marne à environ 5 km du RER mais elle est tout de même desservie par une ligne de bus ; cependant il m’est arrivé à plusieurs reprises de faire le trajet RER, Maison Blanche ou vice versa à pied.
Lorsqu’on franchit le portail d’entrée une inscription, gravée dans la pierre, sur le bâtiment de l’entrée indique « Hôpital Psychiatrique de Maison Blanche » Ca met déjà dans l’ambiance !
La structure dans laquelle je me suis rendue se trouve à environ 1 km et demi du portail d’entrée. Elle est baptisée « Pavillon 66 » En lisant cela j’ai repensé à Alexandre Soljenitsyne l’écrivain Russe et prix Nobel de littérature et à son « Archipel du Goulag » ou encore au « Pavillon des cancéreux ». En marchant j’ai observé les lieux s’offrant à mon regard et j’ai vu, planté dans cet étrange décor, des bâtiments de plein pied, inoccupés pour la plupart et se trouvant éparpillés sur un immense site de près de 100 hectares. Sur le toit de certains bâtiments trônent des… Miradors.
On se croirait dans un camp de concentration. Pour encore assombrir le tableau les corbeaux qui se trouvent ici sont gras comme des moines et ne semblent pas trop craindre la présence de l’homme. Au hasard de ma route j’ai croisé quelques énergumènes aux yeux hagards et au regard perdu dans le vide, vêtus de vêtements, genre camisole, semblant errer sans but dans les allées du « domaine ».
Lorsque j’ai franchi la porte du « Pavillon 66 » j’ai été accueilli par un encadrant qui m’a présenté le bâtiment et ses équipements et qui m’a expliqué sommairement la manière dont fonctionne le centre ainsi que les règles qui sont en vigueur en cet endroit. Il m’a présenté mon voisin de chambre puisque la chambre qui m’avait été attribuée était une chambre double. Jean Jacques, puisque tel est le prénom de ce pensionnaire occupe cette pièce d’à peine 8 mètres carrés, depuis près de cinq ans, une pièce encombrée de cartons qui porte le numéro… 13 (la fête continue !)
J’ai appris le soir même de mon arrivée que cette personne était un alcoolique notoire et lorsque je suis rentré dans la chambre aux environs de 20 heures j’ai retrouvé le susnommé Jean Jacques dans un triste état. Il avait une ecchymose à l’œil gauche et ses lunettes étaient cassées ; de plus son élocution était difficile. Il était en état d’imprégnation alcoolique manifeste et prononcée et commença à m’insulter copieusement, me traitant de « fils de pute » ainsi que de quelques autres noms d’oiseaux que je ne puis répéter ici. Il ne se souvenait manifestement pas de moi alors que l’agent d’accueil nous avait présentés l’un à l’autre le matin même. Il ajouta qu’il était chez lui et que je n’avais rien à faire ici. Je lui ai rétorqué immédiatement qu’il n’était pas plus chez lui que je n’étais chez moi. Devant l’impossibilité de dialoguer avec le dénommé Jean Jacques, totalement hermétique à toute discussion compte tenu de son état d’imprégnation alcoolique, je me suis rendu immédiatement au bureau de l’accueil et j’ai alors avisé les deux agents qui se trouvaient en poste ce soir là de la conduite du colocataire de la chambre 13.
Ces derniers se sont rendus sur place et l’ont vertement tancé puis l’on conduit au bureau pour désinfecter la plaie qu’il avait au visage, non sans avoir, auparavant, soulevé son matelas et découvert une vingtaine de bouteilles d’alcool vides de toutes natures. Les bouteilles ont terminé leur vie dans la poubelle et ont généré d’office la création d’une fiche d’incident mentionnée sur le cahier de liaison à l’attention de la directrice de Maison Blanche, une certaine madame « Christina », salariée de l’association Aurore.
J’ai rencontré madame « Christina » deux jours plus tard qui m’a réclamé quantité de papiers pour établir un dossier me concernant. Je n’avais pas les papiers réclamés avec moi ce qui l’a vivement contrariée tout comme l’a agacé le fait que je ne voulais aucunement m’intégrer à des personnes avec lesquelles je n’éprouvais aucune affinité réelle.
Lorsqu’elle m’a convoqué le vendredi suivant dans son bureau, en présence de l’équipe d’animateurs au grand complet pour me réclamer les papiers qu’elle souhaitait obtenir j’ai pris la parole et je lui ai dit que je me sentais très mal à l’aise dans son association qui me rappelait infiniment trop le célébrissime film de Milos Forman « Vol au-dessus d’un nid de coucous » et d’ajouter que je préférais retourner sous la chapelle. Sous la chapelle, au moins, on n’a pas le sentiment d’être infantilisé en permanence.
Elle m’a dit « c’est votre choix » et m’a réclamé que je lui signe une décharge avant de repartir car mon cas ne s’était jamais produit auparavant et personne, depuis des lustres, n’avait jamais osé quitter Maison Blanche.
J’ai encore appris avant de quitter ce lieu particulièrement inhospitalier à mon sens que ce serait moi qui aurait agressé mon voisin de chambre le lundi précédent. J’ai rétorqué que l’incident avait été mentionné sur le cahier de liaison et que mon colocataire était un alcoolique refusant de se faire soigner ; un alcoolique que j’ai vu se lever à plusieurs reprises la nuit pour boire du vin rouge se trouvant dans son armoire et qui est tombé plusieurs fois après avoir bu ; un alcoolique que j’ai relevé au moins trois fois pour le remettre dans son lit en pleine nuit alors que je travaillais sur mon ordinateur.
Madame « Christina » m’a dit que ce n’était pas mon problème. Je lui ai immédiatement rétorqué que de vivre à côté d’un alcoolique m’ayant copieusement insulté devenait mon problème et que la direction ainsi que les animateurs connaissant pertinemment l’état d’alcoolo dépendance de l’individu auraient dû, en conséquence, ne pas imposer sa présence aux autres en lui affectant une chambre dans laquelle il aurait été seul.
Je me suis levé et suis allé préparer mon sac pour repartir. Lorsque je me suis présenté au bureau madame « Christina » m’a réclamé la décharge qu’elle voulait, ce que je lui ai rédigé immédiatement puis m’a demandé ce que j’allais faire. Je lui ai répondu que j’allais retourner sous la chapelle. Elle m’a dit avoir appelé Nadège, la travailleuse sociale du lieu qui lui aurait dit qu’il n’y avait plus de places disponibles.
La réalité des choses est très différente en fait puisque madame « Christina » a effectivement appelé Nadège tout comme elle a contacté le 115 mais pour leur demander de me dire que la chapelle était complète si j’avais « l’outrecuidance » de les recontacter. La chose a été mentionnée sur le cahier de liaison de la chapelle ce qui fait une preuve irréfutable que je ne dis que la vérité.
Je trouve personnellement inexcusable que des associations, gérant de l’argent public affecté par la Mairie de Paris au titre des crédits de fonctionnement servant au mieux être des mal lotis de notre société se permettent de faire du « délit de sale gueule » et de la ségrégation active primaire envers certains, surtout par temps hivernal, sous prétexte que ces derniers bénéficient d’une retraite modeste, légèrement supérieure aux minimas sociaux, une retraite honnêtement gagnée par 45 ans d’activité professionnelle pouvant donc, en conséquence, se débrouiller seuls pour se loger et survivre.
Voilà donc la raison pour laquelle je me trouve actuellement à dormir dans la rue depuis plusieurs mois.
Je tenais à faire connaitre la chose car je trouve honteux de me trouver dehors en tant que français alors que certains étrangers, originaires de pays lointains n’appartenant pas même à l’Europe bénéficient de la « manne » républicaine, eux, et ne se privent pas, le cas échéant pour s’inventer un passé leur permettant de frauder et de bénéficier ainsi de rentrées d’argent parfaitement injustifiées.
J’ai déposé en mairie une demande de logement social au mois de février et bien que je sois prioritaire puisqu’étant pupille de la nation mon dossier est toujours au point mort.
Depuis novembre de l’an dernier l’’assistante sociale de secteur n’a aucune proposition à me faire en termes de logement bien que je sois dans la rue au risque de me faire agresser chaque nuit.
Un malheur n’arrivant jamais seul, je me suis fait dérober, il y a un mois l’un de mes ordinateurs de travail ainsi que trois appareils photos professionnels de grande valeur que j’utilisais dans le cadre de mes activités. L’ensemble de ces objets était rangé dans le coffre d’une petite voiture mise à ma disposition par une amie. Ce vol a été perpétré en pleine nuit en brisant la lunette arrière de la voiture. J’ai déposé plainte au commissariat central d’arrondissement pour cambriolage.
Je voudrais dire pour terminer ce très long récit que je trouve absolument regrettable et infiniment scandaleux le fait que des associations étant censées aider les gens en difficulté n’assument pas ou très mal la mission qui est la leur ; mission pour laquelle ils sont rémunérés en tant que salariés, soit dit en passant et pour laquelle ces associations perçoivent des crédits attribués par les services sociaux de la Mairie de Paris.
On se rend compte que ce sont des particuliers ou parfois des sociétés qui se substituent aux services sociaux pour aider les gens en difficulté.
Je tiens à remercier à titre personnel les responsables et collaborateurs de la société « Chez Jean » et particulièrement Valérie, la directrice de la succursale située 153 rue de Charenton pour la gentillesse avec laquelle toutes ces personnes m’accueillent depuis plus d’un an maintenant. Je voudrais également citer et remercier Catherine et Eric, un couple formidable et éminemment sympathique m’ayant accordé son amitié tout autant que Daniel, un haut fonctionnaire à la retraite, m’ayant accepté tel que je suis, sans me juger en aucune manière ainsi que les lecteurs qui m’ont suivi jusqu’au point final de cette histoire.

Ecrivainparisien

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La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 1469

A la mémoire d’un « Enfoiré »

Ce matin je vais vous raconter une belle histoire, celle d’un mec qui a marqué les esprits et chahuté les consciences. Imité, il l’a été à maintes reprises et sa célèbre salopette rayée est devenue un symbole.

Il a été un aiguillon, sachant mettre le doigt là où ça fait mal. Il avait un sens critique hautement développé qui lui permettait de montrer et faire toucher du doigt les incohérences de la société.

D’aucuns le trouvaient vulgaire. Vulgaire il l’était peut-être dans ses sketches et je pense que c’était plus par esprit de provocation pour créer un électrochoc que par nature même ; mais en tous cas il ne l’était aucunement dans ce qu’il a créé au profit des plus démunis et qui constitue l’héritage qu’il nous a laissé.

Eh puis ce mec avait une véritable stature de tragédien que tout le monde a reconnu puisque les instances du cinéma français lui ont décerné le César du meilleur acteur pour le rôle pathétique qu’il a tenu dans « Tchao pantin » de Claude Berri.

En ce 18 juin, veille de l’anniversaire de sa disparition et jour célèbre à cause de l’appel, depuis les studios de la BBC, d’un certain fédérateur qui, quelque temps plus tard a avoué aux québécois qu’il les avait compris, j’ai des pensées respectueuses pour la mémoire de ce mec, fils d’italien, altruiste comme personne qui nous a légué en héritage de bien belles et bonnes choses dont une partie de la France profonde bénéficie depuis plus de vingt cinq ans.

Merci à toi, Mec, toi l’Enfoiré !Tu n’es pas mort puisque tu continues de vivre dans le cœur de bien des gens qui continuent de te porter estime et admiration, y compris dans l’actuelle génération qui ne t’a pas pourtant pas connu.
Ecrivainparisien 18 juin 2011

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La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 1468

A quatre pas d’ici je vous le fais savoir

J’ai reçu ce matin sur l’une de mes messageries habituelles un courriel d’une certaine Jeanne Tagro, message émis depuis l’adresse courriel ci-après [jeannetagro@rediffmail.com].

Cette « charmante » personne me demande, ni plus, ni moins de blanchir une grosse somme d’argent « appartenant » à l’un des membres du clan Gbagbo.

Vous trouverez ci-dessous le texte du message de cette personne ne manquant aucunement d’aplomb puisqu’elle est persuadée dans sa « petite » tête que tout être humain est corruptible si on sait y mettre le prix.

Vous trouverez ci-dessous également, avant le message annoncé quelques remarques liminaires rédigées à l’attention de la signataire du courriel initial suivies du texte de son message, volontairement non retouché que je me suis contenté de reproduire par la technique du copier-coller et à la suite de ce « texte » vous trouverez la réponse que j’ai adressée à Jeanne Tagro.

Ecrivainparisien

Message liminaire à l’attention de Jeanne Tagro

Chère Jeanne Tagro, vous vous fourvoyez gravement et je vous démontre ci-après qu’il existe encore sur terre des gens incorruptibles qui ont des principes reçus en héritage et qu’ils savent s’y tenir même si cela vous parait impossible.

D’autre part, madame, au lieu de vous enferrer dans vos combines illégales vous devriez utiliser votre énergie à tenter d’apprendre à manier votre langue, qui est aussi la mienne ; votre courriel que je me suis contenté d’apposer ici en copier-coller, sans le retoucher le moins du monde montre du doigt de manière éclatante vos insuffisances littéraires, grammaticales tout autant que typographiques.

Pour votre information il existe aujourd’hui sur tout ordinateur qui se respecte un correcteur orthographique et grammatical qui n’a sans doute pas manqué de signaler à votre attention la trentaine de fautes d’orthographe contenues dans votre texte.
Salutations.

Le message de Jeanna Tagro

Bonjour,
Nous ne nous connaissons pas mais j’ai besoin de votre collaboration pour une affaire urgente.
Il s’agit d’un transfert d’un montant de 27 millions de dollars americains a transferer dans n’importe quel compte bancaire en dehors de l’Afrique de l’Ouest.
L’argent en question vient de Cote d’Ivoire et appartient à des proches de Laurent Gbagbo, ex president de la republique de Cote d’Ivoire tombé avec l’avènement de Alassane Ouattara au pouvoir le 11 avril 2011.
Gbagbo et tous ses proches ne peuvent pas realiser des transactions bancaires en ce moment car ils ont tous leurs comptes bloqués et les avoir gelés en cote d’Ivoire et en Europe et aux Etats Unis.
Actuellement, ceux qui sont en Cote d’Ivoire ne peuvent pas en sortir et sont en residence surveillés sans communications ou avec communications très limitées.
D’autre sont morts et d’autres en prison.
Ces fonds ont été deposés dans un banque par le neveu d’un des ministres de Gbagbo.
Il ne peut pas sortir de la Cote d’Ivoire.
Il m’a chargé donc de trouver quelqu’un qui pourrait avaliser et recevoir ces fonds en dehors de l’Afrique comme un investissement et cet argent sera ensuite recuperé pour lui venir en aide et à des gens qu’il voudrait sortir d’une situation très difficile.
Alors, j’ai vraiment besoin de votre aide pour recevoir ces fonds.
Vous aurez 25%, mon associé et moi qui nous occupons de l’affaire ici auront 25% et les 50% serviront au propriétaire des fonds.
Si vous acceptez de nous aider, cette affaire doit se affaire en toute confidencialité pour ne pas attirer l’attention des gens vu la provenance de ces fonds.
Nous avons dejà trouver un accord avec la banque pour faire cette operation.
Il me faut dans l’urgence votre nom complet, votre adresse et votre numero de telephone.
Je vais remettre ces informations à la banque et ils prendront contact avec vous pour proceder a la transaction.
Dès reception de votre numero de telephone, je vous appelerai pour mettre les choses au point avant toute chose et faire plus amples connaissances.
J’espère vous lire le plus tot possible.

Mme JEANNE TAGRO

La réponse de l’Ecrivainparisien

Bonjour madame,
En réponse à votre demande je vous fais savoir que je ne puis apporter ni ma caution ni mon aide à une opération légalement interdite qui se nomme blanchiment d’argent.
Il est hors de question que je vous apporte mon aide pour au moins une raison d’importance. L’argent que vous me demandez de blanchir appartient au clan Gbagbo, un monsieur qui a appauvri son pays et qui a volé le contribuable ivoirien durant onze longues années, un monsieur qui a déclenché une quasi guerre civile en s’accrochant au pouvoir alors que les instances internationales ont déclaré qu’il a été battu par son adversaire et un monsieur corrompu jusqu’à la moelle qui a usé et abusé de sa position pour s’enrichir illégalement, en d’autre termes ce monsieur est coupable, à mes yeux d’abus de bien social, ce qui est condamnable et puni par la loi ; du moins en France, le pays de la liberté !
J’espère personnellement qu’il sera reconnu coupable des charges retenues contre lui et qu’il va écoper d’une très lourde peine de prison, ne serait-ce qu’en mémoire des ivoiriennes et des ivoiriens tombés au cours des combats récents pour le chasser du pouvoir.
Pour terminer ma réponse sachez que l’argent ne m’intéresse aucunement surtout que cet argent sent la corruption, entre autres choses malsaines et estimez vous heureuse que je ne transmette pas ce jour votre message aux autorités françaises compétentes.
Je vous salue, madame, par respect humain bien qu’au vu de votre démarche vous ne le méritez nullement.

Ecrivainparisien, poète, écrivain, pamphlétaire, journaliste et photographe, politiquement incorrect, libre et, plus que jamais fier de le demeurer.

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