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Archive for juin 2007

Nuit de Paris

La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 840
 
 

Nuit de Paris

 

 

Les parisiens sont partis en nombre à la campagne

Ils ont emmené en weekend enfants et compagnes

L’immense ville a été désertée en cette soirée d’été

On ne voit pas non plus âme qui vive dans les cités.

 

Notre capitale a été laissée aux mains des touristes

Demain les bouquinistes des quais seront optimistes

Les pièces rares se vendront aux riches californiens

Notre Dame sera assiégée par des hordes de païens.

 

Les ailes du Moulin Rouge tournent inlassablement

Les néons des bars de nuit font de l’œil aux passants

Dans les contre-allées de beaux quartiers on travaille

On besogne également dans le Marais vaille que vaille.

 

Les taxis chargent le client cherchant la bonne adresse

Sous les ponts les malheureux vivent en pleine détresse

Dimanche les périphériques seront totalement saturés

Lundi les citadins attendront vendredi pour s’évader.

 

ecrivainparisien

30 juin 2007

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La chronique de Jean Claude Lataupe

Billet n° 839

 

La bulle (du rêve)

 

Bonjour à tous,

Hier soir je rêvais du côté du Boulevard Diderot et veux vous offrir et vous faire profiter de la vision que j’ai eue.

Bon voyage mes amis…

 

 

 

 

 

La bulle

 

 

 

Il régnait ce soir dans le Bar à Kouda une ambiance fort étrange

Maître Kouda était un ancien pécheur jamaïcain au cœur d’ange

Les temps étant difficiles il s’était reconverti en patron de café

La serveuse délicieuse avait des cheveux blonds comme les blés.

 

Le bar était fréquenté par les pécheurs locaux qui aimaient rêver

Au retour de la pêche ils venaient ici pour se divertir et s’amuser

La cuisine était bonne et le patron racontait souvent ses histoires

Il emportait les clients vers une destination différente chaque soir.

 

 

L’auditoire est scotché aux fauteuils en cette soirée mémorable

Kouda raconte, avec sa verve habituelle, une histoire incroyable

En cette nuit d’été d’il y a dix ans il avait tendu ses longs filets

Harassé par les efforts il s’était assoupi dans son canot, épuisé.

 

Au milieu de la nuit alors qu’il avait dérivé il sentit un gros choc

Il se dit qu’il avait sans doute pris dans ses filets quelque phoque

Il remonta les filets qu’il jugea bien plus lourd qu’à l’accoutumée

Lorsqu’il arriva tout au bout une voix féminine se mit à lui parler.

 

Il failli relâcher le filet de saisissement tant la surprise fut grande

Il avait péché une sirène qui tendit des fleurs en guise d’offrande

Elle scintillait comme irradiée par une intense lumière surnaturelle

En l’apercevant Kouda leva aussitôt ses bras en direction du ciel.

 

La sirène lui adressa un large sourire en guise de bienvenue

Elle lui raconta qu’elle était victime d’un sortilège malvenu

Elle avait osé braver les règles étant en vigueur en sa maison

Ses sœurs ainées l’avaient punie pour la ramener à la raison.

 

Elle s’était rendue coupable d’avoir regardé un jeune marin

Elle en était tombée amoureuse par la faute d’un esprit malin

Les sirènes ne pouvant aimer un homme elle était ensorcelée

Elle fut condamnée à trouver celui qui rachèterait ses péchés.

 

Kouda fut vraiment ému par le récit de la malheureuse sirène

Il demanda ce qu’il pouvait faire pour qu’elle oubliât sa peine

Mon sauveur sera celui qui acceptera de me confier son trésor

Kouda enleva de son cou une chaine ornée d’une pépite en or.

 

Prend ceci, lui dit-il, ce souvenir est mon bien le plus précieux

La sirène se mit à verser des pleurs qui coulèrent de ses yeux

Kouda assécha les larmes qui se transformèrent en diamants

Le ciel avait apprécié et remercié Kouda de son geste élégant.

 

Un puissant éclair embrasa le ciel et fondit sur la sirène pétrifiée

En quelques petites secondes celle-ci fut totalement transformée

Les Dieux levèrent le sortilège lui accordant le privilège d’aimer

Un miracle hallucinant eut lieu sous les yeux du patron du café.

 

Je m’appelle Angélique dit la sirène devenue belle jeune femme

Vous êtes mon sauveur et vous êtes désormais gravé en mon âme

Je resterai toujours auprès de vous étant maintenant votre obligée

Voila donc l’histoire qui est arrivée dit Kouda aux clients médusés.

 

Un silence aussi long qu’un jour sans pain s’installa dans le café

Les marins qui en avaient pourtant entendu restèrent tous muets

Kouda leur dit « Vous savez que tous, ici, vous la connaissez ! »

« Ne nous dit pas que c’est ta serveuse » dit un pécheur interloqué.

 

Bien sur que si avoua Kouda en direction de Loïc dans l’assistance

Dieu m’a béni en me l’envoyant ajouta-t-il plein de reconnaissance

Il se fait tard mes chers amis je vous raconterai la suite un autre soir

Les pécheurs quittèrent le bar peu de temps après se disant au revoir.

 

 

ecrivainparisien

28 juin 2007

 

Le jour commence déjà à poindre, Pierrot se retire sur la pointe des pieds

Il vous offre une fleur nimbée de rosée vous souhaitant une bonne journée.

 

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La raison du plus fort

La chronique de Jean Claude Lataupe

Billet n° 838

 

En direct depuis "O Chodron"

134 rue de Charenton

75012 Paris

 

La raison du plus fort.

 

« Travaillez, travaillez ! Il en restera toujours quelque chose. »

 

Bonjour à tous,

« Travailler plus pour gagner plus. »

Telle est l’une des professions de foi de notre nouveau Président qui a « sanctifiée » cette maxime durant les mois précédents.

Pour ce qui me concerne je dirais plus volontiers : « Travailler si toutefois cela est encore possible »

Je vais m’expliquer plus avant pour ce qui concerne cette formule, utilisée par aucun parti politique.

Pourtant !

Plusieurs milliers de français, jeunes et moins jeunes, séniors pour la plupart, tentent désespérément de trouver « un » travail.

Pour ces « exclus » il n’est pas question de gagner plus mais il est plus simplement question de travailler pour gagner un peu, seulement un peu d’argent, histoire de ne pas rester des « parias » de notre société devenue égoïste et s’étant refermée sur elle-même à hauteur de son nombril.

Des gens compétents, laissés sur la touche sous prétexte qu’ils sont trop « vieux » est devenu aujourd’hui lieu commun.

Ces séniors sont pourtant d’authentiques professionnels qui possèdent compétence, amour du travail bien fait, respect de soi et des autres.

Il est révoltant de constater que certains « patrons » préfèrent « liquider » les « valeurs humaines » de leur entreprise, dilapider leur patrimoine, vampiriser leur trésor, tout cela pour embaucher des jeunes qu’ils paieront des salaires de misère plutôt que conserver ceux qui ont fait que leurs belles sociétés sont devenues aujourd’hui ce qu’elles sont.

Des larmes d’impuissance et de rage perlent en ce moment à mes paupières devenues douloureuses.

Pour « remettre » les pendules à l’heure je vous offre le pamphlet qui suit et me tenait à cœur.

Bonne lecture à tous.

 

 

Fable politico-financière

(Librement inspirée d’une œuvre de Monsieur Jean de la Fontaine)

 

 

Un jeune élégant se pressentant investi d’une mission capitale

Harangua les foules avec un discours qu’il pensait triomphal :

« Gardez-vous dit-il de vous contenter de bien maigres salaires

Trente cinq heures ne peuvent vous offrir qu’injustice et misère

Travaillez encore et toujours plus, investissez vous sans relâche !

Vous récupérerez les fruits de votre labeur, je ne serai pas lâche »

Le jeune élégant devenu Président le pays travailla d’arrache pied

Si bien qu’en quelques années la nation était totalement éreintée

La plus value tellement vantée et espérée fut bien maigre en vérité

Mais le Président avait su montrer avec talent à cette foule crédule

Qu’on ne prêtera toujours qu’aux riches qui ont déjà un beau pécule.

 

 

J Cl Lataupe Pamphlétaire

26 juin 2007

 

 

 

 

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Retour sur la fête

La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet ° 837
 
En direct depuis un trottoir aux abords de la place de la Bastille (C’est magique la WiFi)
 
Retour sur la fête
 

 

 

Fête

 

 

Quelquefois elle est ronde, elle peut même être noire

Elle va danser mettant le feu à toute la France ce soir

Elle va enchaîner les boites et même bien des places

Elle va encore reprendre la Bastille avec son espace.

 

Elle va illuminer la nuit la plus longue de l’année

Elle va rassembler nombre de gens  tous motivés

Elle va unir en son cœur faisant naître la passion

Ce soir elle fera chanter bien des âmes à l’unisson.

 

Nombre de gens oublieront pour un soir leurs soucis

Dans un élan spontané elle fera chanter les mamies

Elle va générer une farandole colorée dans le pays

Elle remplira tout l’espace de sons ronds et jolis.

 

Elle détient à elle seule de fantastiques pouvoirs

Elle est langage universel pouvant offrir l’espoir

Ce soir c’est elle que l’on fête de manière unique

Parce qu’elle le vaut bien à elle seule la musique !

 

ecrivainparisien

21 juin 2007

 

Suite

 

Ambiance

 

La grande ville s’endort emplie des échos de la musique qui s’évanouit

La messe annuelle consacrée à Erato a duré une bonne partie de la nuit

La fête est maintenant consommée sur la grande place jonchée de débris

Au petit matin les lieux seront livrés aux employés de la mairie de Paris.

 

A l’heure des matines les brigades vertes prennent possession de la place

La danse des balais bat son plein sur le bitume pour ôter toute cette crasse

Les rouleaux des nombreux engins mécanisés tournent sans discontinuer

L’ombre de « Monsieur Propre » plane sur ces lieux encore ensommeillés.

 

Un peu plus loin les techniciens de maintenance s’affèrent près des machines

Les longs torons de câbles multicolores retrouvent facilement leurs bobines

Les grues déposent les imposantes enceintes qui sonorisaient le boulevard

Les échafaudages disparaissent comme par miracle quelque temps plus tard.

 

Sur les bancs du boulevard quelques SDF réveillés par le bruit rallument le feu

Les niveaux des canettes et bouteilles de rosé baissent à un rythme vertigineux

L’alerte rouge est déclenchée bientôt, les stocks étant tous rapidement épuisés

On fait la manche tout près des bouches de métro qui commencent à s’animer.

 

Les brigades de la ville ont accompli en professionnels leur laborieuse mission

Les techniciens de la sono sont repartis en silence vers d’autres destinations

Le soleil est monté alors que la place est quasiment lisse mais encore humide

La vie a repris sur l’esplanade qui, hier encore, vivait une ambiance torride.

 

BONNE NUIT A TOUS

 

 

 

 

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Image hébérgée par hiboox.com

La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 836
 
A Mélusine…
 

 

                                                                                                                                                

Fée magicienne

 Image hébérgée par hiboox.com

Elle s’appelait Mélusine notre Diva à la voix d’or

Il y a quarante cinq mois son âme quittait son corps

Elle était amie avec les personnes de bonne volonté

Elle a connu une fin tragique totalement injustifiée.

 

Elle est tombée dans un traquenard inqualifiable

Le piège fut élaboré pour des motifs inavouables

De sales individus avaient conçu son élimination

Son ancien mari faisait partie de cette coalition.

 

C’était même la tête pensante de ce piège mortel

Ce vil personnage ne peut prétendre aller au ciel

Sans véritable remords il a commis l’irréparable

La conduite de cet être est vraiment inqualifiable.

 

Quarante cinq mois après ta mort je n’ai pas oublié

Tu occupes toujours la même place en mes pensées

Ton âme continue de communiquer avec la mienne

Tu resteras quoi qu’il advienne ma fée magicienne.

 

ecrivainparisien

20 juin 2007

 

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Valeurs

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La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 835
 

Images du jour

 

 

Ce soir j’ai le vague à l’âme et la musique m’emporte loin

Le concerto de Michel Colombier est véritablement divin

Je vois planer devant mes yeux les bonshommes de Folon

Ils s’envolent majestueusement dans mon ciel de plomb.

 

Je vois aussi Pollux et Margotte sur leur manège enchanté

Leur père est parti bien loin, ils sont entré dans leur musée

J’aperçois Nounours et le marchand de sable sur leur nuage

Les émissions de la télé d’hier étaient véritablement sages.

 

Jadis tout n’était que plénitude dans l’univers enfantin

Aujourd’hui la violence est lot quotidien des chérubins

On leur montre des horreurs sous toutes leurs coutures

Le réalisme des jeux vidéo s’étend dans la démesure.

 

Les réalisateurs de clips n’hésitent plus du tout à montrer

La sexualité est trop souvent infiniment plus que suggérée

Dans leur étui les ciseaux d’Anastasie finiront par rouiller

Drôle d’époque que voilà, le laxisme a gagné droit de cité !

 

ecrivainparisien

18 juin 2007

 

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La chronique de Jean Claude Lataupe
Billet n° 834
 
Pensées émues…
 
 
C’était il y a 67 ans…
 
 

L’Appel du 18 juin lancé de Londres par le général de Gaulle a 60 ans

 

Le 18 juin 1940, au lendemain de la demande par le maréchal Pétain d’un armistice honteux avec le IIIe Reich triomphant, un général français presque inconnu du grand public prononçait sur la BBC, de Londres, un discours appelant la nation française à poursuivre la lutte. Entré dans l’histoire comme l’Appel du 18 juin, ce texte n’a été entendu que par une infime frange de la population et aucun enregistrement n’en a été fait. Il a fallu un second Appel, le 22 juin, pour la France entende cette voix solennelle et commence à se relever.

Promu général de brigade à titre temporaire le 1er juin 1940, Charles de Gaulle était certes un officier non conformiste, l’un des rares à prédire – et de manière éclatante – l’évolution de la chose militaire et préconiser l’emploi massif des formations blindées. Rien ne semblait pourtant à première vue le prédestiner à prendre l’immédiat contre-pied de Pétain, cette légende vivante dont il a été à plusieurs reprises le subordonné.

Commandant la 4e division cuirassée de réserve et auteur notamment de contre-attaques réussies mais sans effet durable les 17-18 mai à Montcornet, dans le flanc du corps d’armée blindé de Guderian, et le 28 mai à Abbeville, le général de Gaulle est nommé le 5 juin sous-Secrétaire d’État au ministère de la Défense nationale et de la Guerre, pour envisager la poursuite du combat avec l’Angleterre. Parti de Bordeaux pour l’Angleterre le 17 juin, au lendemain de la démission du président du Conseil Paul Reynaud, il apprend la demande d’armistice du maréchal Pétain et prend une décision d’homme d’Etat: appeler la France à la résistance.

Ces deux Appels, du 18 et du 22 juin, sont des textes clés dans l’histoire française contemporaine. Mais ils sont également d’un grand intérêt militaire dans le sens où ils montrent, expliquent et justifient l’acte suprême d’un officier loyal: la désobéissance à la hiérarchie pour le salut de la patrie. Voici les textes complets.

Plt Ludovic Monnerat    

Appel du 18 juin 1940

"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non!

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres."

 

 

Appel du 22 juin 1940

"Le Gouvernement français, après avoir demandé l’armistice, connaît maintenant les conditions dictées par l’ennemi.

Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l’air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait occupé et que le Gouvernement français tomberait sous la dépendance de l’Allemagne et de l’Italie.

On peut donc dire que cet armistice serait, non seulement une capitulation, mais encore un asservissement.

Or, beaucoup de Français n’acceptent pas la capitulation ni la servitude, pour des raisons qui s’appellent l’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la Patrie.

Je dis l’honneur ! Car la France s’est engagée à ne déposer les armes que d’accord avec les Alliés. Tant que ses Alliés continuent la guerre, son gouvernement n’a pas le droit de se rendre à l’ennemi. Le Gouvernement polonais, le Gouvernement norvégien, le Gouvernement belge, le Gouvernement hollandais, le Gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.

Je dis le bon sens ! Car il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui, nous avons subi une grande défaite. Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l’esprit d’abandon du Gouvernement pendant ces derniers combats, nous ont fait perdre la bataille de France. Mais il nous reste un vaste Empire, une flotte intacte, beaucoup d’or. Il nous reste des alliés, dont les ressources sont immenses et qui dominent les mers. Il nous reste les gigantesques possibilités de l’industrie américaine. Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par 5 000 avions et 6 000 chars peuvent donner, demain, la victoire par 20 000 chars et 20 000 avions.

Je dis l’intérêt supérieur de la Patrie ! Car cette guerre n’est pas une guerre franco-allemande qu’une bataille puisse décider. Cette guerre est une guerre mondiale. Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres aujourd’hui le resteront demain, ni si les alliés de l’Allemagne resteront toujours ses alliés. Si les forces de la liberté triomphaient finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ?

L’honneur, le bon sens, l’intérêt de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront.

Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible. Tout ce qui peut être réuni, en fait d’éléments militaires français et de capacités françaises de production d’armement, doit être organisé partout où il y en a.

Moi, Général de Gaulle, j’entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.

J’invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l’air, j’invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, a se réunir a moi.

J’invite les chefs et les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l’air, où qu’ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi.

J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre.

Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance !"

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